Je croyais avoir fait le tour du microcosme politique. Hélas, la pseudo gauche a détruit les quelques illusions que j'avais et maintenant, avec la nouvelle version du bull doser, je suis passé de sceptique à révolté ... Et plus je vieillis, plus je me révolte, plus je me révolte et plus j'ai des envies de révolution.
Encore un bel exemple de brimade dictatoriale approuvée par un ministre, voire initiée par lui.
Oui, chers amis, chers camarades, chers bloggers, chers concitoyens et même chers citoyens tout court, oui, nous glissons dangereusement vers la dictature, et celle-là n'a rien de prolétarienne.
Certains d'entre vous connaissent de nom Alain Refalo ce professeur des écoles "désobéisseur" qui a refusé d'appliquer la directive du curé à lunettes (pardon, de Dard cosse) sur le dispositif d'aide personnalisée ? Certains ont peut-être signé la pétition qui circulait et dans laquelle il était explicité les raisons pour lesquelles cet enseignant de Colomiers (31) ne voulait pas de ce dispositif, comme d'ailleurs un grand nombre d'entre eux.
Eh bien, cet homme vient d'être rétrogradé d'un échelon par mesure disciplinaire. Cette sanction, qui s'ajoute au refus de promotion dont il a été victime en février, est celle qui a le plus de conséquences financières sur son salaire. On vient de le priver en gros de 7000 euros sur 4 ans.
Il est bon de préciser que les rapports pédagogiques de ses inspecteurs d'académie sont élogieux à son égard.
Alors, pourquoi ? Pourquoi l'ancien puis le nouveau ministre de l'éducation n'ont-ils pas cherché à comprendre celui qui est sur le terrain ce qui, par voie de conséquences, lui confère un jugement autrement plus pointu qu'un vague scribouillard dans un bureau de ministère qui a soufflé au ministre une litanie de conneries. Pourquoi reproche-t-on à un homme de ne pas vouloir renouveler les expériences malheureuses de la lecture globale, des mathématiques modernes ou de l'histoire allégée ? Il a pu voir, lui, comment on a sacrifié des générations sur l'autel de la réforme à tout prix. Ce ne sont pas les ministres décideurs à coups de baguette magique qui ont compris ou, du moins, s'ils ont décidé, ce n'est que dans le but de laisser une trace de leur passage. Le samedi chômé, par exemple, n'est rien d'autre que le souhait de faire plaisir aux parent qui privilégient le week-end à la scolarité de leur progéniture, car cette demi journée perdue ne fait qu'alourdir les programmes dans le reste de la semaine et vient ensuite justifier le dispositif d'aide personnalisée.
Entre autre reproche, les motifs invoqués pour la sanction de cet enseignant sont le manquement au devoir de réserve (comme dans la gendarmerie) et d'incitation à la désobéissance collective (Vichy, reviens !!!!). On voudrait bâillonner les enseignants qu'on ne s'y prendrait pas autrement.
La décision de sanctionner est clairement politique et le nouveau ministre de l'éducation, Luc Châtel (on dit châtel quand il n'y a qu'un seul château) qui a fait toutes ses études primaires aux USA puis a obtenu des diplômes de gestion et de marketing à Paris n'est absolument pas là pour l'éducation nationale mais pour faire de la gestion, ce que le joyeux appelait "dégraisser le mammouth". En passant, s'il peut se payer un enseignant "pour l'exemple" (comme sous l'occupation), il ne se gêne pas car il sent bien que la rentrée scolaire sera chaude et s'il peut mater la révolte dans l'œuf par cet exemple, c'est tout bonus pour lui.
Que voulait cet enseignant, comme celui de Marseille et bien d'autres ? Simplement que tous les enfants soient égaux et aient les mêmes chances dans l'école publique. Il voulait que ce qu'on lui demandait de faire individuellement soit réalisé quotidiennement en classe pour tous.
L'école publique, c'est l'école de l'égalité et pas celle de l'élitisme, c'est l'école de la vie et pas celle d'une caste. L'école publique doit donner sa chance à chacun ce qui ne signifie pas pour autant que chacun ressemble à son voisin et doit recevoir les mêmes formes d'enseignement. Le contenu des cours est une chose, la manière de les dispenser en est une autre et c'est cette dernière qui permet l'adaptation à tous pour que chacun tire profit du contenu désigné.
Monsieur Alain Refalo, je ne vous connais pas, mais sachez que je soutiens votre action et vos démarches et je suis persuadé de n'être pas seul.