Je croyais avoir fait le tour du microcosme politique. Hélas, la pseudo gauche a détruit les quelques illusions que j'avais et maintenant, avec la nouvelle version du bull doser, je suis passé de sceptique à révolté ... Et plus je vieillis, plus je me révolte, plus je me révolte et plus j'ai des envies de révolution.


7 heures 44. Le train TER démarre de Narbonne, destination Toulouse. Quatre personnes, deux hommes et deux femmes, se sont installées face à face en première classe (anciennement première car les TER en Languedoc Roussillon sont tous entièrement déclarés 2ème classe). La conversation s'engage et tourne autour de la vétusté du matériel pour deux d'entre eux et des élections législatives pour les autres. Les critiques fusent acerbes, voire méchantes à l'encontre de la SNCF puis de leur personnel:
- reproches du matériel ancien non climatisé. Ces gens ne savent manifestement pas que les TER sont à la charge des Régions administratives.
- critique du grand nombre de grèves des cheminots (Comme si c'était un plaisir pour les agents de perdre de l'argent), avec suggestion superbe d'inciter les voyageurs à ne pas payer et de faire circuler les trains avec tout le personnel présent sans assurer son travail … la panacée pour le plus "grande gueule" du groupe… et finalement, ils n'avaient qu'à venir travailler dans le privé et ils verraient comment ça se passe.
Je crois alors le moment opportun pour intervenir, expliquer que prendre le train sans billet n'assure pas la garantie du voyageur, et que si une grève ne gêne personne, elle est inutile. J'aurais mieux fait de me taire. C'est le tonnerre de Zeus. En vrac, je me vois traité de fainéant comme ces cheminots qui font grève pour un oui ou un non, qui ne se rendent pas à leur travail, ce qui occasionne des suppressions et des retards de trains et qui finalement emmerdent les gens qui veulent aller travailler. Dans la foulée, une espèce de girie mal baisée (et pour cause, à voir sa tête…) du groupe s'exclame que c'est comme les postiers qui réclament 10 minutes de temps de travail pour se changer :
-"C'est comme si moi qui ai 2 heures de trajet par jour, je demandais au patron de me les payer comme si je travaillais" … rires sarcastiques en chœur avec le "grande gueule". Et la girie de surenchérir : " finalement, l'autre jour, le train en retard, c'est certainement le conducteur qui ne s'était pas levé" … Nouveaux rires …
Je suis resté sans voix. Je n'imaginais pas que des ouvriers (car il s'agit d'ouvriers abonnés au train) puissent être aussi aveugles et juger sans savoir, avec pour seuls éléments les informations téléguidées de la télévision et les déclarations de nos hommes politiques tendant à diviser le pays pour mieux régner.
Avec le recul, j'aurais dû leur expliquer que les grèves avaient un motif expliqué dans un préavis destiné à engager le dialogue avec la direction et qu'en conséquences, dans le pire des cas, la grève était la résultante du refus de dialoguer donc, de responsabilités au moins partagées. J'aurais dû leur dire qu'ils pouvaient, eux aussi postuler pour un emploi à la SNCF ou à La Poste mais qu'ils étaient certainement trop limités intellectuellement pour parvenir à travailler dans ces entreprises. .J'aurais dû leur raconter la vérité sur les trains supprimés pour cause de pannes de matériel dues à l'espacement de plus en plus grand entre les révisions. J'aurais dû leur donner la solution pour ne plus être ennuyé par les grèves de la SNCF : habitez dans la même résidence que celle de votre travail. J'aurais dû leur faire remarquer qu'avec les 57,80 euros par trimestre que leur coûte l'abonnement, au lieu des 18,40 euros l'aller retour quotidien au tarif normal, il était difficile de renouveler fréquemment le matériel surtout que les pouvoirs publics ne comblent pas la différence en totalité.
J'aurais dû expliquer à la girie que son facteur était obligé de porter une tenue de travail mais qu'il n'était pas nécessaire qu'il la porte en sortant de chez lui, qu'il est certainement plus long de se changer en prenant son service que de quitter son slip pour se faire sauter par son chef.
J'aurais dû expliquer un tas de choses mais je ne l'ai pas fait, ça m'aurait rabaissé aux yeux de ces petites gens qui se prenaient pour des grands et ne seront jamais que des minus faux moralistes.
Au fait, ils travaillent tous les quatre dans une mutuelle bien connue de Chevalier et Laspalès. Pour des mutualistes : chapeau l'esprit !!! Ils feront leur chemin jusqu'au prochain licenciement où ils seront bien contents de trouver les fonctionnaires pour "faire la foule" des grévistes qui sauveront quelques uns de leurs emplois.
8 heures 17. Le train arrive à Carcassonne. Mon calvaire et leur trajet sont terminés.
Salauds de grévistes, va !!!