Je croyais avoir fait le tour du microcosme politique. Hélas, la pseudo gauche a détruit les quelques illusions que j'avais et maintenant, avec la nouvelle version du bull doser, je suis passé de sceptique à révolté ... Et plus je vieillis, plus je me révolte, plus je me révolte et plus j'ai des envies de révolution.
Tchin-tchin ! Ce n'est pas pour Aflelou que je trinque, mais pour vous dire :
-"A votre santé !"
De la santé, il en est question en ce moment, et quelles questions. Ne parlons pas des 17 derniers nés de la liste noire des médicaments dé remboursés comme Tanakan, Magné B6 ou Biafine (moi qui suis au pays du soleil, j'apprécie tout particulièrement). Ceci n'est qu'une peccadille comparé au séisme que vient de nous asséner la sixième chambre de la cour des comptes (oui, je sais, c'est comme à l'hôtel, il y a des chambres numérotées, mais n'en espérez pas la clé, ce sont des chambres sourde comme pour les mesures acoustiques). Nous sommes en présence du mystère de la chambre … jaune… Les "pseudos sages" viennent de découvrir d'"incroyables" écarts de productivité dans nos hôpitaux. C'est à vous en laisser tomber à plat ventre sur le cul. On croit cauchemarder, une telle institution vérolée au point de parler de productivité dans un secteur public, le ciel leur est tombé sur la tête à ces braves caméristes. Imaginez que dans une autre chambre, on trouve que la police n'est pas assez productive, ça vous ferait rigoler non ? (Bon, c'est un mauvais exemple, la police française est de plus en plus productive en matière de résolution de crimes et délits. C'est bien connu des statisticiens bidon de la place Beauvau).
Maintenant, on ne rigole pas. Les "sages", ou plutôt Rolande Ruellan (ancienne directrice de la SECU), la présidente de la sixième chambre nous explique qu'il s'agit moins de moyens que de leur utilisation au bon endroit au bon moment. Ceci sous entend que nos hôpitaux ont les moyens mais ne savent pas les utiliser. Pour faire ce bilan, la chambre à accoucher de conneries a réalisé une étude sur une quarantaine d'hôpitaux publics sur le pays qui en compte 1035. Autant dire qu'en choisissant un échantillonnage bien particulier, on peut démontrer absolument ce que l'on veut. En l'occurrence, que veut démontrer la cour des comptes, sinon que l'hôpital public coûte cher à la nation et qu'il faut l'éliminer ?
Partant de ce constat aussi incomplet qu'orienté, on nous explique que l'organisation des hôpitaux publics est d'une diversité que l'on ne soupçonne pas. La comptabilité analytique n'existerait pas toujours. En pneumologie par exemple, le nombre de médecins par lit varie de 1 à 10 d'un hôpital à l'autre et le taux d'occupation des lits passe de 1 à 3 (du solo à la partouse). Des écarts incroyables sont relevés sur le nombre de médecins sur une même intervention chirurgicale. A croire que pour une appendicite il existe des établissements où un seul toubib vous ausculte, vous passe une échographie, réalise votre ECG, vous endort (a coups de gourdin ça va plus vite), vous opère, vous réveille (au verre d'eau et à la gifle) et vous administre les antidouleur. Par contre, dans certains hôpitaux privilégiés, ils sont au moins trois pour chacune de ces étapes. Je crois que ces messieurs et dames de la chambre d'hôpital se foutent de nous.
Le meilleur reste à venir. Ce sont les recommandations sous forme de préconisations que la dame en noir (normal, après le mystère de la chambre jaune, le parfum de la dame en noir … et, roule ta bille …) :
-"Il ne nous revient pas de dire quel est le bon niveau (encore heureux) mais il manque sans doute du personnel à certains endroits (sans blague !). Il existe un problème (re-sans blague)." Et ça continue. "Il existe dans tous les établissements (de l'échantillonnage) des marges d'amélioration (en matière de productivité ?) et la baisse du déficit est plus un problème de réduction de coûts que de hausse de l'activité et des recettes (on l'aurait juré devant Dieu avant même le début de l'analyse, c'est dire …)"
Enfin, et il fallait déjà y penser, eh bien, ils l'ont fait. Ils ont calculé l'équivalent temps plein et déterminé qu'un chirurgien dans cet échantillon ne réalisait "en moyenne" qu'une opération par jour (243 par an). Conclusion : il y a surcapacités manifestes.
Bien, vous remarquerez, en passant que nulle part il n'est question des infirmières et aides soignantes qui sont souvent à 1 pour 15 à 20 lits, mais vous aurez certainement compris le sous-entendu qui veut que l'on réalise des économies de gestion (traduisez, suppression de personnel). Vous noterez que nulle part on ne mentionne l'utilisation des installations et des personnels publics par des médecins et professeurs qui, s'ils pratiquent 243 opérations par an, le font pour le compte de l'hôpital, mais en réalisent en réalité 750 de plus … pour leur propre compte.
Alors, si, comme moi, vous avez eu recours à l'hôpital public, songez que l'Etat sarkozyste veut le supprimer et que pour cela, tous les moyens sont bons et les aides des institutions "d'appoint" ne font qu'accélérer le processus de démolition déjà engagé.
On finira par vous promettre que dans le privé, vous serez réveillé après votre appendicectomie par une belle infirmière ou un chippendale en string. Surtout, n'y croyez pas, les soignants n'ont pas de temps à perdre.
On a bradé notre service public dans sa quasi-totalité, ne laissons pas partir le bastion le plus utile à nos concitoyens : la santé publique.