Je croyais avoir fait le tour du microcosme politique. Hélas, la pseudo gauche a détruit les quelques illusions que j'avais et maintenant, avec la nouvelle version du bull doser, je suis passé de sceptique à révolté ... Et plus je vieillis, plus je me révolte, plus je me révolte et plus j'ai des envies de révolution.
Je ferai court car nous avons eu une longue et dure journée de labeur. Nos aminautes ont brossé toute l'actualité et, à cette heure tardive, il ne reste pas grand-chose à dire. Aussi, j'ai choisi de vous parles du blé, pas de l'oseille, du fric, du flouse, du pognon, de l'artiche … non, du vrai blé, celui que Maître Cornille transformait dans le moulin d'Alphonse Daudet à Fontvieille près d'Arles.
Ce blé, objet de toutes les spéculations dans les bourses des céréales est aussi l'alibi à toutes les fluctuations du prix du pain.
Souvenez-vous, l'année dernière, lorsque le prix du pain grimpait vers les sommets, toutes les professions liées à la boulangerie pestaient contre les cours du blé qui s'envolaient quotidiennement. On a vu ainsi, sous ce motif, le prix de la baguette prendre jusqu'à 10 centimes alors que le prix du blé n'intervient que pour 13% dans la fabrication de notre pain. Les médias justifiaient alors tous les abus par ce blé qui devenait de l'or.
A présent, les cours du blé ont chuté de 40% dans les principales bourses mondiales et particulièrement la bourse référence de Chicago. Paradoxalement, le prix de la baguette, dans le même temps, a augmenté de 0,6%. Cherchez l'erreur !
Les nouveaux arguments reprennent les anciens, le prix du blé n'intervient que pour 13% dans celui du pain, mais l'énergie a augmenté, ce qui est totalement faux, la main d'œuvre est plus chère oui de 1,25% … etc …
Moralité, le prix de notre baguette aujourd'hui comparé à ce qu'il était en 1999 juste avant l'arrivée de l'Euro, a augmenté de 35% … et le salaire de l'ouvrier boulanger ?
En fait, la baguette est symptomatique de la manière dont on fait parler les chiffres et dont on trouve des alibis à toutes les augmentations.
En attendant, quand le baril de brut baisse, l'essence suit avec deux ou trois mois de retard mais quand le pétrole augmente, le prix à la pompe monte dans le courant de la semaine qui suit. Pour le pain c'est différent, quand le blé augmente, le pain aussi, quand le blé diminue, le pain … augmente.
On est tous enfarinés.