Je croyais avoir fait le tour du microcosme politique. Hélas, la pseudo gauche a détruit les quelques illusions que j'avais et maintenant, avec la nouvelle version du bull doser, je suis passé de sceptique à révolté ... Et plus je vieillis, plus je me révolte, plus je me révolte et plus j'ai des envies de révolution.
Trancher les conflits du travail ou acheter un poulet, c'est pour moi la même chose.
Je sais, je suis parfois tordu, mais là, je vous jure que c'est la vérité. Le patron de la rôtisserie ambulante où j'achète mon poulet hebdomadaire s'appelle Prud'homme, et il est de bon conseil.
J'ai l'air de plaisanter, mais c'est on ne peut plus sérieux. Le petit Nico avait chargé le représentant de l'extrême gauche de la droite, le GM de l'UMP (non, non, pas le Général Motors de l'Union des Motoristes Perdants), le Gauche Moderne (ou droite ancienne ce qui revient au même) et je ne vous traduit pas l'UMP. Donc, le président de GM, Jean Marie Bockel, s'est vu confier la mission (en francozyste : ordonné) de réformer la procédure applicable devant les conseils de prud'hommes. Vaste plan qui prévoyait de supprimer l'oralité des débats et la conciliation préalable obligatoire, au motif que les délais de procédure sont trop longs…
Il est certain que si personne ne parle et ne se rencontre, les jugements seront vite rendus et probablement uniformes. On n'aura plus qu'à envoyer une lettre type aux plaignants dont la teneur sera, par exemple : vous avez raison tous les deux, allez en justice pour vous départager. La phase suivante étant, bien entendu, la suppression des tribunaux de prud'hommes (Rachida ! Au secours ! Ils veulent en faire plus que toi !). La semaine dernière, le joyeux Bockel expliquait qu'il réfléchissait à la manière de simplifier les procédures.
Devant tant de concertation avec les partenaires juridiques et sociaux, les syndicats ouvriers et patronaux, les magistrats et les avocats sont tombés des nues parait-il. Ils n'étaient pas au courant ? Pourtant, ils devraient savoir, comme tout le monde, que le Roi se lève tous les matins avec cent idées nouvelles et s'il devait en faire part chaque fois aux intéressés, il faudrait une brigade de communicants à plein temps pour faire suivre. Donc, il fait son caprice, et tout le monde est censé le savoir. C'est comme la loi, nul n'est censé l'ignorer. Donc, le traître socialiste (parmi d'autres) qui se dit de gauche, a commencé à plancher sur un dégommage d'une partie supplémentaire des acquis sociaux, ce doit être sa conception de gauche "moderne", ce mot signifiant pour lui abandon.
Et puis voilà ! La chancellerie, voyant que le projet chancelait, a fait savoir "qu'aucune réforme de la procédure applicable devant le conseil des prud'hommes n'était en préparation". En clair, soit le gouvernement reculait, soit Bockel avait pris un râteau, soit un ballon d'essai avait été lancé pour voir comment se comporteraient les partenaires pendant l'été sur le sujet.
A dire vrai, ce gouvernement antisocial n'a de cesse de s'en prendre à tout ce qui touche le monde du travail et particulièrement aux divers points qui, de près ou de loin gênent les patrons et notamment ceux affiliés au MEDEF dont le lobby est d'une puissance démesurée. Ces gens là ont la rancune tenace, ils ne digèrent toujours pas les grèves qui ont conduit le front populaire, si nocif à leurs yeux, au pouvoir et les ouvertures vers de plus en plus de social que ce mouvement a engendré dès 1936. Dans ce que je nomme "ces gens là", on trouve pèle mêle des barons de la finance, des pontes de l'industrie, des anciens exploitants de mines reconvertis et des nobles qui quelquefois sont les mêmes. Ce sont ces tenants du "changement" à la Sarkozy qui dictent leurs volontés que le mini président s'empresse de satisfaire avec zèle. Les attaques incessantes contre l'institution prud'homale depuis 2008 démontrent ce besoin de vengeance (baisse des indemnités des conseillers, suppression de 62 conseils, création de la séparation amiable ...).
Jusqu'à la prochaine attaque en règle contre les salariés, nous voilà donc tranquilles.
J'ai dit tranquilles ? C'est une erreur impardonnable de ma part, avec le brasseur d'air aux idées folles qui nous gouverne, il faut s'attendre à tout. Je ne comprends pas et ne comprendrai jamais comment il peut encore y avoir des salariés assez naïfs pour soutenir notre petit roi et croire encore à ses sornettes.
Françaises, français, on tente de vous étouffer, réveillez-vous, débattez-vous, sortez respirer avant que l'on vous conduise à la mort sociale.