Je croyais avoir fait le tour du microcosme politique. Hélas, la pseudo gauche a détruit les quelques illusions que j'avais et maintenant, avec la nouvelle version du bull doser, je suis passé de sceptique à révolté ... Et plus je vieillis, plus je me révolte, plus je me révolte et plus j'ai des envies de révolution.
Si, comme je l'ai fait voici quelques jours, vous êtes allés vous mettre au frais dans un hyper marché, vous avez certainement remarque les nouveaux rayons spécialement achalandés pour les fournitures scolaires.
Eh oui ! Il y a quelques années, on commençait à voir ce genre de rayons autour du 20 août et peu à peu, on a glissé à l'envers pour les voir en place maintenant vers le 1juillet, c'est-à-dire dès le début des vacances d'été. On n'arrête pas le progrès en matière d'incitation à la dépense, mais, flash back sur l'histoire de l'éducation nationale.
Rassurez-vous, je ne remonterai pas jusqu'à Jules Ferry, mais il faut bien avoir en tête que l'instruction est obligatoire de 3 à 16 ans depuis 1959 et l'école publique est gratuite depuis 1881 pour le primaire, principe réaffirmé dans le préambule de la constitution de 1946 et repris dans le chapitre II article 132 du code de l'éducation.
Comment voit-on les choses aujourd'hui en fonction de ces dispositions?
L'enseignement est gratuit, mais les fournitures pour le recevoir sont payantes au prétexte que les élèves peuvent garder ces fournitures en fin d'année scolaire.
Ne parlons pas des livres qui dans la plupart des cas sont payés par les mairies et passent de main en main, mais pas de génération en génération car les modifications des programmes par les ministres successifs ne permettent pas d'assurer une quelconque continuité dans la transmission. Ces livres, dont on nous recommandait de prendre soin et d'assurer la protection par une couverture, nous étaient fournis au moins jusqu'en troisième et on les rendait en fin d'année.
Les cahiers, plumes, stylos, crayons et gommes nous étaient fournis en classe pendant tout le passage en primaire, charge à nous de les acheter à partir de la sixième.
A présent, dès la dernière année de maternelle, on donne aux parents une liste avec des fournitures "obligatoires" pour la rentrée à suivre et ainsi chaque année pour la suivante. Bien sûr, depuis juin 1999, on verse aux familles une allocation de rentrée scolaire destinée à couvrir un maximum de frais mais qui, la plupart du temps, sert à acheter la télé, la console DS, ou tout simplement à se nourrir. Quoiqu'il en soit, les "marchands du temple" ont très bien compris qu'il fallait mettre en évidence les fournitures scolaires de sorte que les enfants poussent au maximum les parents à acheter des affaires inutiles au plus vite de sorte que la partie obligatoire reste à acquérir avant la rentrée.
En d'autres termes, l'école publique obligatoire et gratuite sert aussi et surtout à faire rentrer de l'argent dans les caisses de la grande distribution. Je ne désespère pas de voir des rayons "fournitures scolaires" en place début juin pour mieux faire durer les dépenses de rentrée et pousser ainsi à la consommation.
Mais, me direz-vous, c'est aux parents de freiner la folie d'achat des enfants. Certainement, mais ne serait-il pas plus sage de donner des fonds aux établissements pour la dotation aux enfants ? Cela aurait trois avantages :
- L'argent irait vraiment aux fournitures,
- Chaque élève aurait les mêmes produits que son voisin, d'où, diminution de phénomène de racket
- Les fournitures récupérables resserviraient l'année suivante ce qui engendrerait des économies.
J'en ai assez dans les hyper marchés, de voir fleurir dans les rayons pendant des mois en avance les évènements marquants de la vie quotidienne. Les jouets de noël en septembre, carnaval en janvier, pâques en février, les piscines, masques, tubas, bouées … en mars, les maillots de bains et serviettes de plage en avril et la rentrée en juillet. On voudrait faire dépenser aux gens l'argent qu'ils n'ont pas qu'on ne s'y prendrait pas autrement.
En plus, l'inégalité devant l'éducation commence par la compétition que se livrent les enfants par marques interposées, et c'est une compétition malsaine.