Je croyais avoir fait le tour du microcosme politique. Hélas, la pseudo gauche a détruit les quelques illusions que j'avais et maintenant, avec la nouvelle version du bull doser, je suis passé de sceptique à révolté ... Et plus je vieillis, plus je me révolte, plus je me révolte et plus j'ai des envies de révolution.
Bon ! La nuit porte conseil et j'y vois un peu plus clair aujourd'hui. Cela ne veut pas dire que je reviens sur mon analyse d'hier soir, mais simplement je voudrais la compléter.
Hormis les abstentionnistes, le grand gagnant de ce scrutin n'est pas l'UMP, pas plus que sa coalition inavouée, mais c'est bel et bien le Président Sarkozy (aujourd'hui, j'ai choisi le respect … pour cette phrase … faut pas déconner non plus) et lui seul.
La raison en est toute simple, il occupe le devant de la scène depuis une semaine à propos de tout et de rien et l'actualité, aussi triste soit-elle, est venue l'aider dans son dessein.
Les choses ont commencé il y a environ 6 mois lorsque la date des européennes a été fixée. Pensez-vous que ce soit un hasard que de décider du 7 juin, lendemain du D-Day et jour de la fête des mères ? Si oui, vous êtes bien naïfs. L'anniversaire du débarquement était l'occasion rêvée de se servir de la popularité d'Obama qui souhaitait venir fêter le 65ème anniversaire du débarquement, pour parader à ses côtés et se faire passer pour le "roi du monde" qui se permet de distribuer à de nombreuses reprises des tapes amicales dans le dos du Président des USA.
Le lendemain, tout le monde sait combien les français sont attachés à la fête des mères, particulièrement dans les classes moyennes et populaires. Bien des gens soient partis à des kilomètres de chez eux pour voir maman (en général, les passages "obligés" sont Noël/Jour de l'An et la fête des mères), il ne restait plus qu'à persuader ces électeurs potentiels qu'aller voter ne servait pas à grand-chose, les jeux étaient faits d'avance et pour cela, il suffisait de faire commencer la campagne 15 jours avant le vote et hop !
Il restait un écueil : la gauche, mais heureusement elle était divisée. Alors, l'entourage du Roi (ça y est, je peux pas m'en empêcher) a repensé à Mitterrand. Lui, pour tomber la droite, il avait promu le FN, eh bien eux, vont faire la même chose. Ils ont donc promu le MODEM à grands renforts de sondages et de claps sur Bayrou, puis ils ont été encore plus vicieux que le Tonton, ils ont bombardé les médias d'une pub effrénée sur le film HOME. La peur, toujours la peur, voilà ce qui fait avancer les minables, si bien que lorsque j'entends le patron de la SOFRES raconter que la projection du film n'a en rien agi sur le vote pour les verts, je me demande s'il ne se paye pas la tête du peuple. Ce n'est qu'un point d'orgues cette diffusion, le travail a bien été fait en amont par le battage médiatique et les extraits diffusés. D'ailleurs il est notoire que YAB et Luc Besson ne sont pas des hommes de gauche car si tel avait été le cas, ils auraient refusé de s'acoquiner à une quelconque parodie de démocratie.
Je dois dire tout de même que ces manœuvres ont eu le mérite de réduire à sa plus simple expression la bête immonde qui montait depuis des années et dont le reflux était entamé à la présidentielle. Le FN est mourant et sa réminiscence vendéenne ne sévit que dans un tout petit morceau de l'ouest.
Que nous reste-t-il ?
Continuer à porter la bonne parole des gens de la rue, ceux que l'on licencie, que l'on exploite, que l'on opprime de plus en plus, ceux pour lesquels l'Etat fait des promesses sans lendemain, ceux à qui l'on ôte les petits bonheurs et que l'on brime socialement par les déremboursements Sécu, la privatisation des hôpitaux, l'alignement de la retraite par le bas, etc …
Continuer à vouloir le bonheur des gens malgré eux. Voilà qui doit nous encourager.