Comme chaque
année, Transparency International publie son rapport sur la corruption. Le classement mondial, établi par
cet organisme sur une compilation de 13 sondages et enquêtes différents impliquant des experts non résidents, porte sur 180 pays dans le monde.
La France, cet état dirigé par une poignée d'initiés incompétents qui donnent des leçons au reste du monde, ce pays dont le président ne souhaite que la transparence (c'est lui qui le dit) a l'honneur de partager avec le Chili et l'Uruguay, juste derrière la Barbade, la 23ème place avec un score édifiant de 6,9 sur 10. Pour mieux fixer les idées en réduisant l'échelle, notre pays occupe une peu honorable 12ème place européenne loin derrière la Suède et le Danemark (premiers mondiaux avec 9,3 / 10).
Bien sûr, vous trouverez toujours quelqu'un des sphères gouvernementales, un cousin à Lefèvre ou un oncle à Woerth pour vous expliquer que l'Italie est 55ème ou la Grèce 57ème, mais là n'est pas le propos, d'autant que l'un et l'autre de ces pays sont dirigés par la droite et concernant l'Italie, quelle droite !
Le rapport de cet organisme signale en outre que "la France doit réaliser de gros progrès en matière d'intégrité dans les relations entre les fonctionnaires de l'état, les politiciens et les hommes d'affaires".
Selon les auteurs du rapport sur la France, les méthodes de corruption se sont déplacées des pots-de-vin qui avaient lieu dans les années 90 vers le trafic d'influences et le lobbying, et de prendre comme exemple les vacances du nain sur le yacht de Bolloré.
Quand on pense que les représentants des lobbys ont portes ouvertes dans les couloirs de nos assemblées et exercent leurs trafics d'influences au grand jour, répondant même aux interviews des journalistes lors d'émissions sur leurs activités, on ne peut qu'être écoeuré des procédés tolérés voire encouragés par nos élus. Ce n'est pas le nouveau règlement du Sénat qui interdit certaines zones aux lobbyistes qui va changer quoi que ce soit, car ces derniers continueront d'intervenir dans les autres parties du palais du Luxembourg.
Comment s'étonner que des lois chargées d'avantager des grands groupes comme Monsanto soient carrément dictées par les représentants de ces sociétés ?
Transparency note au passage que les délits économiques et financiers "connus sous le nom de délits en col blanc" ont augmenté de 22% après 2006 (c'est pur hasard et il serait mal de penser que Naboléon et son équipe y sont pour quelque chose).
Beaucoup plus grave est cette analyse faite par la magistrate vice-présidente de la 15ème chambre de Nanterre :
-"La plupart des réformes de procédure pénale a été dictée par la volonté des élites de se protéger des juges. Par exemple, l'obligation faite au juge d'instruction, depuis le 1er juillet 2007, de rédiger un énoncé de mission avant de commettre un expert financier est une nouvelle source de ralentissements potentiels de la procédure. La suppression du juge d'instruction, l'opposition du secret défense ou la dépénalisation du droit des affaires (rapport Coulon) font également partie de l'entrave aux enquêtes dans les sphères proches du pouvoir économique et politique."
Déjà, le procureur de la République, qui dépend du pouvoir en place, détient le monopole de l'engagement des poursuites pour les délits commis hors de l'union européenne. Ce fait est déploré par l'OCDE, mais, en apparence, l'Etat s'en fout royalement et il est prêt à appliquer la même chose à l'intérieur du pays.
Voilà comment le Nain à talonnettes et ses conseillers spéciaux nous parlent de transparence, nous vantent l'honnêteté et la probité et se vautrent dans les arcanes d'un système qu'ils font tout pour conserver et améliorer à leur profit.
Certains me rétorqueront que c'était la même chose avec la gauche, certes, mais pour l'instant, ce n'est pas la gauche qui est censée gouverner … ce n'est pas la droite non plus puisqu'elle est à la remorque des lobbys et se remplit les poches pendant que le peuple se fait expulser des logements et crève parfois de faim.
France, tes gouvernants actuels sont en passe de te transformer en république d'opérette et jettent tes richesses en pâture à des groupes privés qu'ils retrouveront une fois partis du pouvoir.