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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 22:33

violence_milieu.gifS'il est un sujet dont je peux parler de par mon expérience, c'est bien l'hôpital, et la lecture d'une statistique sur les requêtes déposées auprès du pôle santé sécurité me fait bondir, surtout quand je vois le compte rendu qui en est fait par certaine presse aux ordres du pouvoir.

4795 requêtes sont parvenues au médiateur Jean Paul Delevoye, sur lesquelles :

- 60% sont des évènements indésirables chirurgicaux ou médicaux, une définition fourre tout qui va de l'erreur dans la distribution de la nourriture à l'oubli d'un outil dans le corps d'un opéré.

- 17% sont des infections associées aux soins

- 10% sont des violences

- 8% relèvent du non respect du droit des patients

- 5% sont classés "divers".

A la lecture de ces statistiques, le papier Q appelé Le Figaro déduit que le climat est de plus en plus dégradé dans les hôpitaux. Il y décèle un manque de tact des soignants et une agressivité des malades.

C'est curieux, je n'ai pas du tout la même analyse que cette feuille de chou, il faut dire qu'en plus des statistiques j'ai du vécu dans le milieu en tant que malade et je ne me contente pas de commenter les chiffres, mais j'analyse plus profondément les causes.

Voyons quels sont les intervenants sur ce dossier on  ne peut plus sensible :

Loïc Ricour, formé à l'économie et la gestion (où est sa compétence dans les soins?), a été nommé à la tête du pôle national santé après avoir fait carrière pendant 10 ans (1995 – 2005) à la Générale de Santé gestionnaire de 170 cliniques privées en France et en Italie. Celui-là, il serait à ce poste pour jouer les rabatteurs que ce ne serait pas étonnant, et il ne se prive pas de brandir l'étendard de la peur :

-"Dans une plainte sur deux, il s'agit de situation de maltraitance. Nous avons été surpris de l'ampleur du phénomène qui concerne aussi les centres de rééducation. On retrouve aussi le sentiment de ne pas avoir été informé sur la maladie, de ne pas avoir été écouté ni compris".

Marie Christine Pouchelle, directrice de recherches au CNRS nous parle des services de réanimation :

-"Les familles ont le sentiment d'être tenues à l'écart alors que leur proche vit une situation de douleur et d'angoisse extrême".

Nicolas Brun, qui a défendu le projet de loi "Hôpital, Patients, Santé et Territoire" après des  UDAF (Indre et Loire en particulier), et qui est chargé de mission par l'UNAF, déclare lui :

-" La maltraitance est particulièrement ressentie dans les services d'urgences. L'attente et le manque d'information décuplent l'angoisse".

Qu'est ce que j'en dis de tous ces personnages ?

Ce qui interpelle, c'est que  personne, surtout pas la journaliste, n'a abordé la question cruciale : celle du personnel.

C'est vrai que les malades attendent dans les couloirs ou des salles communes, mais si dans un service d'urgences il y avait 6 infirmières au lieu de 4 et 4 médecins et internes au lieu de 2, peut-être le débit serait-il plus rapide, et encore à condition qu'il y ait assez de lits et de personnel dans les services et suffisamment de brancardiers pour transférer les patients. Oui, l'attente est désagréable, mais elle ne l'est pas qu'à l'hôpital et les gens n'adressent pas une saisine au médiateur lorsqu'ils font la queue à la caisse du supermarché.

Aujourd'hui, la plupart des personnes veulent tout et tout de suite, sans se préoccuper du voisin. Comment s'étonner des sautes d'humeur d'une infirmière qui a été appelée 7 fois par la même personne pendant qu'elle s'occupait d'un "cas grave" ?

Des familles tenues à l'écart des services de réanimation, rien que de plus normal dans l'intérêt du patient et c'est encore plus strict dans le privé que dans le public. Pour faire plaisir à une famille, même dans la peine, serait-il convenable de prendre le risque d'introduction de microbes ?

Le comble, c'est l'analyse de l'envoyé spécial des cliniques privées. Une plainte sur deux concernerait la maltraitance et il inclut là dedans la toilette intime d'un malade faite avec une porte entrouverte.

Certes, l'hôpital n'est pas parfait et il ne le sera jamais parce que l'homme lui-même n'est pas parfait, mais une question se pose avec insistance :

-" La fermeture des petits établissements de proximité est-elle de nature à réduire les inconvénients dénoncés par le rapport ?"

Je réponds : certainement pas. L'attente va être plus longue, les services plus surchargés, le personnel encore plus débordé et pour couronner le tout, il faudra faire plus de trajet pour se rendre à l'hôpital. J'irai même plus loin en prétendant que cette situation ne va faire qu'augmenter la violence, tout particulièrement celle faite au personnel soignant.

Les patients et leurs accompagnateurs ne sont rien d'autre que le reflet de la population avec ses qualités, ses défauts et parfois ses travers et ce n'est pas la loi HPST qui y changera quelque chose.

J'ai eu malheureusement à faire des séjours tant dans le privé que le public et JAMAIS je n'ai eu à me plaindre du personnel, peut-être parce que j'ai eu cette faculté de "me mettre à sa place", mais TOUJOURS, j'ai pu constater le manque criant d'effectifs, sauf peut-être dans un service de rééducation. Il faut croire que tous ces énarques et autres tordus des hautes sphères n'ont pas eu à mettre les pieds dans un centre hospitalier autrement que pour se montrer ou assurer une inauguration  et si tel n'a pas été le cas, on a dû leur mettre toute une batterie de soignants à disposition.

Combien faut-il de personnel pour soigner un malaise vagal ? Pour moi, 3 y compris l'agent de service, mais je ne suis pas Roy.

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Published by Lucien Aymard - dans aymard
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luange66 17/01/2010 22:54



BRAVO !!!!!!!!!!!!!
Ayant vécu 15 ans avec un médecin urgentiste hospitalier ...je peux dire que cette analyse faite est excellente et c'est evidemment pas la loi hpts qui resoudra le probléme .
.tant que la santé sera traitée comme une valeur marchande    rien ne sera réglé ...or Avec sarko les notions de quota et rentabilité ont atteint leur paroxysme ...dans la sante
mais aussi dans tous les domaines ..
De toute façon il l'a dit ....mourir c'est facile alors ne paniquons pas !



Lucien Aymard 19/01/2010 00:43


Bonsoir Luange,
Le libéralisme à outrance est le crédo du petit, mais il n'a encore pas compris qu'il fonçait dans le mur tête baissée avec son entêtement, le problème, c'est qu'en plus il klaxonne.
L"exempla américain ne lui sert pas de leçon.
Amicalement
Béa et Lucien


philippe 16/01/2010 16:01


L'hopital en danger, un gouvernement qui détruit petit à petit l'hopital publique pour laisser place à l'hopital privée, parce que les patients deviennent clients : On cherche par tous les moyens à
se faire de l'argent notre dos....


Lucien Aymard 16/01/2010 22:04


Bonsoir Philippe,
Tout ce qui peut faire engranger de l'argent aux riches est bradé par notre Etat sans scrupule qui nous laissera dans la position de pays sous-développé si le peuple ne réagit pas vite et uni.
Amitiés
Béa et Lucien


Pascale 14/01/2010 18:30


Les 35 heures et la RGPP ont tué l'hôpital. Où sont les embauches promises ? Comment peut-on croire que l'on peut gérer un CH comme une entreprise ? La haute administration parisienne s'est coupée
de la France "d'en bas".


Lucien Aymard 14/01/2010 21:16


Bonsoir Pascale,
Tu poses, comme d'habitude, les bonnes questions.
Les embauches promises, elles se sont transformées en subventions pour les cliniques privées quant à la gestion du service public, tant qu'on le voudra bénéficiaire, on ne pourra pas le tenir sans
quoi, ce ne sera pas du service public.
Bises catalanes
Béa et Lucien


segolin 14/01/2010 16:56


Qui manque de tact et de talC
La mère " tapedur "( La cachelot de la santé)
Le nouveau pépé(le nain)
La mère Lagarde
Le père Woerth
La rillette Fillon
Pendez les hauts et courts à des crocs de Bouchers.....
                      Don Marco
segolin            et bises à Bea.......


Lucien Aymard 14/01/2010 21:12


Buona sera Marco,
Tu as en effet établi la liste des principaux spécialistes du tact, mais le champion, c'est quand même Lefebvre.
Amitiés
Lucien
Bises de Béa


Renard 13/01/2010 22:32


Tous mes articles ont disparu... je n'ai plus rien sur mon blog... j'ai prévenu tous les admins d'OB, mais rien ne se passe...


Lucien Aymard 14/01/2010 00:14


Bonsoir Renard,
J'ai vu ça et j'allais t'écrire pour te demander des explications car je ne comprenais pas. En cas de problème, vois Beauté Virtuelle (elle est sur nos liens), elle a pu contacter les techniciens
d'OB.
Bises catalanes
Béa et Lucien


cacahuette83 13/01/2010 21:49


holà là! J'ai un retard monstre sur la lecture de vos article. Je passe juste vite fait vous donner un bonjour pour bous dire que je ne vous oublie pas. J'ai quelques soucis ces derniers temps qui
m'ont pris beaucoup de temps! Je n'ai pas eu vraiment de temps à moi seule. Je me suis inscrite à votre newsletter pour être sûre à l'avenir de ne pas reter un de vos excellents articles. Je vous
donne dans ce message le lien de mon nouveau blog. L'autre existe toujours.
Gros bisous à ous deux excusez moi encore pour ce monstrueux retard. A très bientôt j'espère.


Lucien Aymard 14/01/2010 00:07


Bonsoir Cacahuette,
Il n'y a pas d'excuse à demander. La vie personnelle passe avant les aminautes et c'est normal. J'espère que les soucis ne sont pas grâve, si tu as besoin de nous, envoie un mail par le site et on
te rappellera.
On te fait de gros bisous et on va sur ton nouveau site illico.
A bientôt
Béa et Lucien


sylvie 13/01/2010 21:09


Je viens de faire une petite séance de lecture "rattrapage" de tes derniers articles. Cela me rappelle que je n'ai pas encore mis le logo et le lien du No Sarkozy Day sur mon blog…
Très bonne lecture, en particulier celui-ci sur les hôpitaux : oui, "ils" nous préparent encore un sale coup dans ce domaine, et le privé bave devant ce morceaux de choix bien juteux.
Il va bien falloir les arrêter avant qu'il ne soit trop tard !
Bises et bonne soirée.


Lucien Aymard 13/01/2010 21:21


Bonsoir Sylvie,
Nous allons en faire autant pour le rattrapage car le temps nous manque un peu, mais j'ai quelques sautes d'humeur que je suis obligé de mettre en ligne entourées de vinaigre et de fiel pour me
délester des charges néfastes que m'envoie quotidiennement le sarkozysme.
Pour les hôpitaux, on est en train de vivre un virage dont les citoyens ne se doutent pas mais qu'ils verront une fois franchi.
Bises
Béa et Lucien


gegouska 13/01/2010 20:26


Bonsoir un grand merci d'être passé sur mon blog et d'avoir laissé un gentil com passez une bonne soirée à bientôt


Lucien Aymard 13/01/2010 21:17


Tout le plaisir était pour nous.
A bientôt
Béa et Lucien


gegouska 13/01/2010 15:35





Lucien Aymard 13/01/2010 21:16


Bonjour gegouska,
Un grand merci pour ta visite et pour la merveilleuse image que tu nous a laissée. C'est avec grand plaisir que nous accueillons tous les nouveaux venus. Ici, tu seras toujours chez toi.
Amicalement
Béa et Lucien


sixtine 13/01/2010 07:12


Si l'hôpital veut répondre au phénomène de maltraitances, tout aussi bien " soignant/soigné " que " soigné/soignant " il lui faut revoir et corriger de toute urgence la liste des effectifs... C'est
aussi simple que ça !
Amitiés.


Lucien Aymard 13/01/2010 21:14


Tout est dit dans ton com', nous ne pouvons rien ajouter de mieux.
Amitiés
Béa et Lucien


Renard 13/01/2010 02:04


Bonsoir Béa et Lucien

J'ai été des deux côtés de la barrière, mais en tant qu'hospitalisée souvent, et pour de la chirurgie viscérale, donc très lourde, je dois dire que je n'ai pas eu à me plaindre, bien sûr, je
n'appelais pas souvent, mais je me rappelle que dans la chambre à côté, il y avait une personne qui n'arrêtait pas de gémir, et que j'ai entendu les soignants lui dire que j'avais eu la même
intervention qu'elle et que pourtant je n'envahissais pas le couloir avec mes lamentations... du coup, ça m'a fait rire et j'ai eu encore plus mal

 Ceci dit, ma fille travaille en maison de retraite, et quand j'entends ce qu'elle me raconte, je lui dis que je ferai ce qu'il faut, mais que je ne veux pas finir ma vie dans ce genre de
truc..

Pour nanissime je pense que tu es en dessous de la vérité, car tu as oublié le service d'ordre... s'il était équivalent à celui de Perpignan!!!

Gros bisous de Toulouse à vous deux 


Lucien Aymard 13/01/2010 21:10


Bonsoir Renard,
Pour les maisons de retraite, je crois que le manque de personnel est encore plus criant. J'ai connu une petite unité privée où 7 personnes étaient présentes en journée et 4 la nuit pour 28
pensionnaires valides. Cette maison s'est agrandie et a conservé le même personnel pour 110 pensionnaires ... la directrice a préféré démissionner ... no comment ...
Gros bisous
Béa et Lucien


Sonya972 12/01/2010 23:30


comment régler le problème du non respect envers le personnel soignant et aussi envers les malades  ..ce mystère demeure

il faut dire que c'est cette vie actuelle qui génère dans un sens ces débordements ( le stress, le manque de personnels,,  et autres)
les gens s'enferment dans leurs soucis et déversent leur trop plein sur les autres.

tout est dans  la  réorganisation des services comme tu dis si bien 'l'embauche de personnels .

Et surtout le remplacement du ROISIDENT pour la nouvelle année.
gros bisous de la Martinique. 


Lucien Aymard 13/01/2010 21:06


Coucou Sonya,
L'abandon de l'hôpital public est une cause qui semble tenir à coeur au Roi et à ses larbins et il fait tout pour prouver que seule la médecine dans les cliniques privée est valable. On nage
en plein océan d'âneries.
Gros bisous
Béa et Lucien


jacques 26 12/01/2010 22:54


mon vecu : en juillet a la suite d'un manque de saudium je me trouve en etat de detresse niveau max une heure apres  le samu est chez moi ! evacuation au ch de valence puis prise en charge
totale ! perfusé en moins de temps qu'il me faut pour l'ecrire! 4 jours apres retour a la maison fatigué certe mais sauvé ! je fais venir un toubib pour faire une ordonnance de suivis il m'a envoyé
chier literalement !! donc bravo l'hopital et zero au toubib
depuis j'ai changé de medecin et tout va bien
amitiés drômoise


Lucien Aymard 13/01/2010 21:03


Bonsoir Jacques,
Les médecins sont de plus en plus des fonctionnaires de la Sécu puisque c'est elle qui les paie indirectement. Ils se comportent donc comme tels. Dans les hôpitaux, ce sont des gens qui ont la foi
dans le malade et ça ne s'invente pas.
Amitiés
Béa et Lucien