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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 21:14

maternite suisseAujourd'hui, nous avons vécu un après-midi d'émotions provoqué par les lectures et les visions que nous avons eues lors de notre visite à un bâtiment devenu musée et mémorial.

Je croyais que l'histoire ne se répétait jamais, mais j'ai appris qu'en fait il pouvait exister une sorte de boucle qui faisait revenir certains évènements comme des leitmotivs.

Bien des français, et c'est normal, n'ont jamais entendu parler da la Maternité Suisse d'Elne, et pourtant, l'histoire, la vraie, pas celle qui nous est imposée dans les écoles, devrait consacrer au moins deux heures de cours à son sujet, manière de rétablir certaines vérités historiques peu reluisantes pour notre pays.

Elne est un village catalan de 8000 habitants qui a connu une histoire richissime depuis les grecs et les romains jusqu'à nos jours. Dans cette histoire, un épisode méconnu ou peut-être passé sous silence, retient l'attention d'un nombre de plus en plus important de personnes venues du monde entier. Il s'agit de la "Retirada".

Cet exode, vers notre pays, de 450 000 républicains espagnols pourchassés par Franco et ses spadassins à partir de 1936, lors de la chute de la deuxième république espagnole. Hommes, femmes et enfants arrivaient chaque jours plus nombreux en Catalogne française pour sauver leurs vies, échappant ainsi à la voracité fasciste du franquisme. A cette époque-là, il n'y avait pas un Besson pour les renvoyer chez eux, mais c'était peut-être pire. On parquait tous ces arrivants entassés dans des camps de concentration (car c'est bien ainsi qu'il faut les appeler), parfois de fortune comme sur les plages d'Argelès-sur-mer ou St Cyprien où l'armée française surveillait un périmètre de barbelés entourant des centaines de personnes, sans hygiène, sans eau, sans couchage, sans couverture, sans toit, parfois organisés en tentes ou baraquements comme à Rivesaltes entre de hauts murs surveillés par des miradors. Edouard Daladier, président du conseil et ministre de la guerre et son copain Albert Sarraut ministre de l'intérieur ont pleinement cautionné cette honte française. Tous ces espagnols ont souffert physiquement et moralement et des enfants sont morts par dizaine de froid et de malnutrition malgré les aides de certaines associations, syndicats et partis politiques qui, à cette occasion, ont créé l'embryon de ce que l'on nomme aujourd'hui "aide humanitaire". Parmi ces groupes, "l'Aide Suisse aux Enfants" qui avait envoyé en Espagne Mademoiselle Elisabeth Eidenbenz pour s'occuper des enfants en guerre civile, lui demanda de venir en Catalogne française. A son arrivée, atterrée par les conditions de vie dans les camps de concentration, elle décide de créer une maternité dans le village de Brouilla près de Le Boulou, mais quelques mois après, cet établissement est obligé de fermer. Elle achète alors un petit château à Elne et crée, fin 1939, une nouvelle maternité qui va devenir un lieu hautement historique. Les femmes espagnoles enceintes, sortant des camps où leurs conditions de vie étaient déplorables puis les futures mères d'autres nationalités fuyant l'envahisseur nazi sont alors venues jusqu'en 1944 accoucher dans ce havre de paix. Près de 600 enfants de 22 nationalités vont naître ainsi dont des juifs au nez et à la barbe de la gestapo, grâce à ce petit bout de femme et quelques bonnes volontés qui l'aideront. Et puis, en avril 1944, les nazis aidés des miliciens, vont lui donner trois jours pour évacuer les lieux car ils réquisitionnent le château et Elisabeth, avec les mamans et les enfants rejoindra Montagnac dans l'Aveyron … à pieds car les fridolins refusent de les voir partir en train.

On a toujours l'impression que les camps de concentration ont été créés par les allemandes, mais, bien avant, les français avaient fait des essais sur la côte roussillonnaise. Certes, il ne s'agissait pas de camps d'extermination, mais les conditions de vie et, pour tout dire, de détention étaient aussi confortables que dans les camps nazis. Des photos et des récits poignants attestent de la dureté et de la cruauté des situations que vivaient ces familles espagnoles quittant le risque de mort pour trouver la famine et le malheur. Dans toute cette gabegie humaine, cette femme au courage sans borne et à l'inébranlable volonté d'imposer l'action humanitaire a créé une oasis de paix dans un désert de guerres. La France, reconnaissante, a été la dernière à la décorer. Après la reconnaissance de la famille royale espagnole et celle des juifs entre 2002 et 2005, notre pays a fini par lui attribuer la Légion d'Honneur, cette médaille que l'on distribue un peu n'importe comment à n'importe qui. Penser aujourd'hui qu'Elisabeth Eidenbenz a été décorée bien après les Mireille Mathieu et autre Johnny Hallyday me fait honte.

Si vous avez l'occasion de passer par chez nous, n'hésitez pas à vous rendre dans ce lieu de mémoire, de charmantes hôtesses vous y accueilleront et vous y trouverez à la fois l'horreur, la joie et le bonheur distillés par des photos et des témoignages qui vous prendront aux tripes. Vous y verrez comment la droite, l'extrême droite et une grande frange de "radicaux" ont entravé tant et plus le soutien que les gens de gauche voulaient apporter à tous ces réfugiés, ouvriers pour la plupart mais que l'on ne voulait pas sur notre sol car ils étaient de gauche souvent même communistes.

Pour vous permettre d'avoir plus de détails sur cette histoire, voici un lien qui vous donnera quelques infos supplémentaires dont le nom de l'ancien propriétaire et "bâtisseur" du château, le sieur Bardou fabricant des papiers à cigarette JOB.

Tout ceci ne vous rappelle pas l'époque que nous vivons ? Cette époque où la droite, dans le sillage du patronat et des banques, dicte sa loi au détriment des ouvriers de notre pays.

Ne désespérez pas, il ne nous manque plus que les camps de concentration, et avec la politique sécuritaire qui est menée depuis quelques années, nous y arriverons.

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Published by Lucien Aymard - dans aymard
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barovin 12/06/2010 09:39



En bref....On nous
prend pour des imbéciles



Lucien Aymard 14/06/2010 21:29



Et c'est le minimum que l'on puisse dire !!!!!



SONYA 972 12/06/2010 03:11



je passe vous souhaiter une merveilleuse nuit


et un magnifique weekend


bisous créoles



Lucien Aymard 14/06/2010 21:28



Coucou Sonya,


Le week end a été à peu près bon mis à part le temps qui nous a rappelé étrangement l'automne ...


Gros bisous catalans


Tes amis Béa et Lucien



SONYA 972 09/06/2010 18:15



Livraison express de la soirée attention attention et c'est parti!


bisous...♥...bisous...♥...bisous...♥...bisous...♥...bi sous...♥...bisous


...♥...bisous...♥...bisous...♥...biso us...♥...bisous...♥...bisous...♥...


bisous...♥...bisous ...♥...bisous...♥...bisous...♥...bisous...♥...bisous


.. .♥...bisous...♥...bisous...♥...bisous...♥...bisous... 8bisous...♥...


bisous...♥...bisous...♥...bisous...bisous...♥...bisous...♥...bisous


...♥...bisous...♥ ...bisous...♥...bisous...♥...bisous...


♥...bisous...♥...


bisous...♥...bisous...♥...bisous...♥...bisous...♥...bis ous...♥...bisous


...♥...bisous...♥...bisous...♥...bisou s...♥...bisous...♥...bisous...♥...


bisous...♥...bisous. ..♥...bisous...♥...bisous...♥...bisous...


♥...bisous...♥


tu viens de recevoir des gros bisousss... Muuuuahhhh!


 


c'était mon délire de bisous lol bonne journée et encore des bisousss



Lucien Aymard 10/06/2010 20:02



Bonsoir Sonya,


On ne peut pas te livrer les bisous car il faudrait une escadrille complète d'avions pour les trasporter tant ils sont nombreux et lourds d'amitié.


A bientôt


Béa et Lucien



barovin 09/06/2010 08:03



Nous en avons rêver...l'Europe du fric et SARKOZY l'ont fait



Lucien Aymard 10/06/2010 19:58



On y va Barovin ... et en vitesse ...



cacahuette83 07/06/2010 21:44



BRRRRR!!! Tu me fais froid dans le dos! J'imagine bien les horreurs que tu décris! Ce bâtiment regorge d'histoires!


 


Bisous à vous deux en espérant que vous allez bien et que tous vos problèmes informatiques sont enfin fini.



Lucien Aymard 10/06/2010 19:58



Bonsoir Cacahuette,


Tu peux avoir froid dans le dos, les témoignages écrits sont poignants, surtout lorsque les enfants sont évoqués.


Gros bisous de tes amis catalans


Béa et Lucien



fanfan 07/06/2010 12:53



Ton récit m'intéresse beaucoup car la famille de mon mari était basque espagnole et ils ont fui le franquisme ; ma belle-mère m'a raconté les terribles conditions de vie dans ces camps;la cruauté
et la méchanceté  des gardiens français ; elle a traversé la frontière , enceinte, à pieds  avec un enfant jeune .Les familles étaient séparées dans ces camps.


Elle n'a pas eu la chance d'aller dans ce château pour accoucher  de celui qui allait devenir mon époux.


 


C'est drôle;il y a eu une époque où les cigarettes "Job "faisaient un "tabac "(c'est le cas de le dire) en Corse ;la fabrique vient de fermer .


Bonne journée; bises à vous deux



Lucien Aymard 10/06/2010 19:55



Bonsoir Fanfan,


Il est des histoires poignantes qui sont passées sous silence par l"Etat depuis des années tellement elles sont peu avouables. Quand on veut donner des "leçons de mémoire" aux autres, il faudrait
d'abord savoir faire son méa culpa ... la France à l'époque de Franco en Espagne n'était pas plus reluisante que l'Italie ou l'Allemagne ... mais chut !!! faut rien dire.


Bises


Béa et Lucien



Pascale 06/06/2010 17:14



Cette histoire est poignante ; merci de nous la rappeler. On m'a toujours enseigné que l'Histoire était un éternel recommencement. Mais sincèrement, Lucien, je n'arrive pas à la même conclusion
que toi. Si la situation de notre beau pays n'est certes pas idéale, nous sommes loins des camps de concentration et du III° Reich ! Ne crois-tu pas qu'il faudrait nuancer ?


Bises.



Lucien Aymard 06/06/2010 21:09



Bonsoir Pascale,


Bien sûr qu'il y a de l'exagération de ma part, mais quand on voit le peu de cas que font nos gouvernants de l'avis du peuple, il y a des questions à se poser. La démocratie est tellement
baffouée que l'on peut craindre des débordements avec certains hommes dont je tairai le nom qu'il vaut mieux ne jamais porter aux resposabilités. C'est dans ce sens que j'ai voulu cette
exagération.


Bises


Béa et Lucien



Pat59 06/06/2010 12:20



Bonjour Béa et Lucien,


Je connaissais l'histoire de ce "château", j'ai également quelques histoires de ces personnes méconnues dont une véritable chatelaine belge qui a bravé les interdits et a fini par être envoyée
dans un de ces camps.


On ne leur rend jamais assez hommage, un hommage que les juifs ont su décerner avec le titre de "juste" qui est pour moi un véritable titre honorifique à l'inverse de la légion d'honneur qui a
été galvaudé.


Il n'y a pas que les Français, les teutons à avoir le monopole à cette époque des camps de concentration... les States en avaient et en ont quelques exemplaires pas piqué des hannetons.


Gros bisous à Béa et à toi une solide poigné de main.


Pat



Lucien Aymard 06/06/2010 20:58



Bonsoir Patrick,


C'est vrai qu'il existe dans nos pays quelques histoires de résistence à l'oppression dont feraient bien de s'inspirer quelques personnes. Pour les camps, il semblerait que la chose revienne à la
mode un peu partout dans le monde, à commencer par les USA avec Guantanamo.


Amitiés sincères ... Lucien


Et Bises de Béa



segolin 05/06/2010 23:09



Eh oui ,mon cher Lucien je reviens après 1 mois d'absence (trop d'occupations et un coup au moral ,sequelle de fin d'années 2009) Oui je connais l'histoire de l'exode des republicains
espagnols car je suis trés sensible à l'histoire avec un grand H! D'ailleurs c'est ma meilleure note au Bac ,j'espère vous trouver Bea et toi en bonne forme ,recevez toute mon amitié
sincère!


Don Marco segolin



Lucien Aymard 06/06/2010 20:55



Bonsoir Marco,


Il était temps que tu reviennes, il n'y a plus de feu dans la cheminée.


Cette histoire que je connaissais un peu nous a émus lors de la visite à la maternité et je ne pouvais pas passer ça sous silence.


Amitiés et bises de Béa


Lucien



sylvie 05/06/2010 17:37



Bonjour les Catalans,


la famille du papa de ma fille aînée est originaire de Saragosse ; son oncle est venu en France à cette époque, en passant les Pyrénées "en douce", et il arriva à Lyon. Il n'a jamais voulu
demander la nationalité française, il est toujours espagnol. Par contre, il a attendu la mort de Franco pour retourner en Espagne. Ma fille est très fière de sa moitié de sang espagnol et son
père l'était tout autant. L'honneur, c'était très important pour lui, bien qu'il soit né en 1962. On ne peut pas en dire autant de certains, chez nous…


Bises et bonne soirée.



Lucien Aymard 05/06/2010 20:20



Bonsoir Sylvie,


Nous sommes au milieu de cette histoire par notre situation géographique et pourtant, il faut des petites visites impromptues dans des lieux presque secrets pour connaitre la réalité, c'est tout
de même une preuve de la manipulation de l'histoire par les arcanes de l'enseignement. Nous avons la chance de vivre dans un village dont la majorité dirigeante est communiste et se fait un point
d'honneur à réveiller cette époque maudite (Le PC et la CGT étaient interdits par Daladier à cette époque, donc clandestins)


Bises
béa et Lucien



barovin 05/06/2010 14:57



Il est toujours bon de rappeler certains faits...l'humanité de certains humains comme cette femme dont j'ignorais l'histoire et le nom et l'inhumanité des autres qui malheureusement sont toujours
prêts à reprendre du service....la Vigilance s'impose



Lucien Aymard 05/06/2010 20:12



C'est certain que lorsqu'on lit les témoignages des enfants nés en ce lieu ou des parents de ceux-ci, on ne peut rester insensible, et passer sous silence toutes les exactions qui ont mené à ces
camps serait criminel.


Amitiés


Béa et Lucien



SONYA 972 04/06/2010 21:37



je vous souhaite un très bon weekend


pour moi c'est plutôt frustrant


ma nièce a été agressée à son collège


elle se retrouve à l'hôpital


gros bisous créoles



Lucien Aymard 05/06/2010 20:10



Bonsoir Sonya,


Merci pour le week end et nous te souhaitons de même.


Je suppose que, comme sur le continent, les collèges comportent tellement d'élèves que, même la bonne volonté des enseignants ne suffit pas à connaitre tous les élèves.


Gros bisous de tes amis atalans


Béa et Lucien



Jean-François Vionnet 04/06/2010 11:00



Très belle histoire qui prouve que dans des circonstances dramatiques, des êtres humains sont parfois héroïques. Bravo à cette suissesse qui mérite le nom de juste, et plus que la légion
d'honneur galvaudée par de petits chanteurs qui n'auront jamais l'aura des siècles.


Amitiés du Barrès, et bises à Béa.



Lucien Aymard 05/06/2010 20:04



Bonsoir Jean François,


Les témoignages sont poignants et il aurait été impossible que nous restions insensibles à ceux-ci. La légion d'honneur est devenu une médaille commerciale donnée à n'importe qui. Un de mes
anciens chefs a été décoré parce qu'il avait réussi à devenir (par fayotage) cadre supérieur après avoir sommencé à la base avec seulement le BEPC. Des comme lui, il en existe des dizaines, mais
tous ne lèchent pas les culs d'élus.


Amitiés


Lucien


Bises de Béa



SONYA 04/06/2010 00:49



je passe vous faire un petit coucou


et encore merci


bisous du soir



Lucien Aymard 05/06/2010 19:54



Bonsoir Sonya,


Encore une fois, pas de merci entre nous, les amis doivent toujours être là au bon moment.


On te fait plein de gros bisous.


Béa et Lucien



PIPOLIN 03/06/2010 22:09



 


Belle page d'histoire que j'ignorais, loin de mes plalsanteries


Super Lulu, chapeau bas.


Ma grand-mère maternelle venait de Ciudad Real à  coté de Madrid et elle a connu la prison franquiste. El Sarko de l''époque mettait les femmes en prison par ce qu'il ne pouvait
pas attrapper les femme.


 Pour elle, merci pour ton article


El Pipolino



Lucien Aymard 05/06/2010 19:53



Merci Philippe,


IL est des choses que le commun des mùortels ne peut laisser passer quand il en a connaissance et ceci en fait partir.
Amities et bises de Béa


Lucien