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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 14:45

Mikis-Theodorakis-2004.jpg            Une fois n'est pas coutume, je reprends ci-dessous in extenso le texte, issu de chez mes amis MOPOPOPO, de l'appel lancé en Grèce par Mikis Theodorakis (86 ans, c'est important de le préciser) .

            Pour ceux parmi vous qui l'auraient oublié, il s'agit d'un musicien compositeur de renom qui a composé entre autres, la musique des films "Z" ou "Zorba le grec" (Le sirtaki), des opéras, des ballets, des hymnes, symphonies … mais qui est également un combattant pour la paix et le refus des dictatures. Bien que retiré de la vie publique, il fait parfois des déclarations qui méritent réflexion, particulièrement lorsque la paix est en danger.

            Cet appel que je relaie, mérite attention et surtout diffusion maximum car la Grèce d'aujourd'hui, si nous n'y prenons garde, représente la France de demain et à terme, tous les pays d'Europe.

            Le peuple, souverain dans toute démocratie, DOIT imposer aux dirigeants de tous bords, un contre pouvoir par rapport aux banques et aux financiers dont la toute puissance et l'impunité n'ont d'égal que le traitement dédaigneux qu'ils réservent aux populations de tous les continents. Ces banques ont mis et continuent de mettre les pays à genoux dans l'unique but d'enrichir toujours plus une poignée de privilégiés. Il faut imposer à nos politiques l'arrêt commun et instantané du gavage financier de ces quelques escrocs. La situation que vit la Grèce en ce moment nous est promise pour bientôt si nous n'exigeons pas le limogeage de tous les servants de la finance et l'arrêt pur et simple du remboursement des dettes occasionnées par les banques et orchestrées par les agences de notation.

Profitons de 2012 pour mettre en France ce coup d'arrêt et organisons-nous, entre européens opprimés du capitalisme, pour montrer que la force c'est le peuple et non l'argent.

 

 

Aux citoyens indignés de Grèce et d'Europe

« Nous saluons les dizaines de milliers, voire les centaines de milliers de nos concitoyens, jeunes pour la plupart, qui se sont rassemblés sur les places de toutes les grandes villes pour manifester leur indignation à l’occasion de la commémoration du mémorandum (accord cadre signe entre le gouvernement grec, l’UE, le FMI et la BCE, en Mai 2010 et renouvelé depuis régulièrement),  demandant le départ du gouvernement de la Honte et de tout le personnel politique qui a géré le bien public, détruisant, pillant et asservissant la Grèce. La place de tous ces individus n’est pas au Parlement, mais en prison.

Nous saluons les premières Assemblées générales qui se déroulent dans les centres de nos villes et la démocratie immédiate que s’efforce de découvrir le mouvement inédit de notre jeunesse. Nous saluons les travailleurs de la fonction publique qui ont entrepris manifestations, grèves et occupations pour défendre un Etat qui, plutôt que le démantèlement prévu par le FMI, a désespérément besoin d’une amélioration et d’une réforme radicales. Par leurs mobilisations, les travailleurs de l’Hellenic Postbank, de la Régie nationale d’électricité et de la Société publique de loterie et de paris sportifs défendent le patrimoine du peuple grec qu’entendent piller les banques étrangères, par le truchement de leur gouvernement fantoche à Athènes.

Le pacifisme exemplaire de ces manifestations a démontré que lorsque la police et les agents provocateurs ne reçoivent pas l’ordre d’intervenir, le sang ne coule pas. Nous appelons les policiers grecs à ne pas être les instruments des forces obscures qui tenteront certainement, à un moment donné, de réprimer dans le sang les jeunes et les travailleurs. Leur place, leur devoir et leur intérêt est d’être aux côtés du peuple grec, des protestations et des revendications pacifiques de celui-ci, aux côtés de la Grèce et non des forces obscures qui dictent leur politique au gouvernement actuel.

Un an après le vote du mémorandum, tout semble attester son échec. Après cette expérience, on ne peut plus s’autoriser la moindre illusion. La voie qu’a emprunté et continue de suivre le gouvernement, sous la tutelle des banques et des instances étrangères, de Goldman Sachs et de ses employés européens, mènent la Grèce à la catastrophe. Il est impératif que cela cesse immédiatement, il est impératif qu’ils partent immédiatement. Jour après jour, leurs pratiques révèlent leur dangerosité pour le pays. Il est étonnant que le procureur général ne soit pas encore intervenu contre le Ministre de l’Economie et des Finances, après les récentes déclarations tenues par ce dernier sur l’imminence de la faillite et l’absence de ressources budgétaires. Pourquoi n’est-il pas intervenu suite aux déclarations du président de la Fédération des patrons de l’industrie et de la commissaire européenne grecque Mari Damanaki sur une sortie de l’euro ? Pourquoi n’est-il pas intervenu contre le terrorisme de masse avec lequel un gouvernement en faillite, sous le diktat de la Troïka [UE - FMI - BCE], tente une nouvelle de fois d’extorquer le peuple grec ? Par leur catastrophisme, leurs allusions tragiques et tout ce qu’ils inventent et déblatèrent pour effrayer les Grecs, ils ont réussi à humilier le pays dans le monde entier et à le mener réellement au bord de la faillite. Si un chef d’entreprise s’exprimait de la même façon que le fait le Premier ministre et ses ministres lorsqu'ils parlent de la Grèce, il se retrouverait immédiatement derrière les barreaux pour malversation grave.

Nous nous adressons aussi aux peuples européens. Notre combat n’est pas seulement celui de la Grèce, il aspire à une Europe libre, indépendante et démocratique. Ne croyez pas vos gouvernements lorsqu’ils prétendent que votre argent sert à aider la Grèce. Ne croyez pas les mensonges grossiers et absurdes de journaux compromis qui veulent vous convaincre que le problème est dû soi-disant à la paresse des Grecs alors que, d’après les données de l’Institut statistique européen, ceux-ci travaillent plus que tous les autres Européens !

Les travailleurs ne sont pas responsables de la crise ; le capitalisme financier et les politiciens à sa botte sont ceux qui l’ont provoquée et qui l’exploitent. Leurs programmes de « sauvetage de la Grèce » aident seulement les banques étrangères, celles précisément qui, par l’intermédiaire des politiciens et des gouvernements à leur solde, ont imposé le modèle politique qui a mené à la crise actuelle.
Il n’y a pas d’autre solution qu’une restructuration radicale de la dette, en Grèce, mais aussi dans toute l’Europe. Il est impensable que les banques et les détenteurs de capitaux responsables de la crise actuelle ne déboursent pas un centime pour réparer les dommages qu’ils ont causés. Il ne faut pas que les banquiers constituent la seule profession sécurisée de la planète !

Il n’y pas d’autre solution que de remplacer l’actuel modèle économique européen, conçu pour générer des dettes, et revenir à une politique de stimulation de la demande et du développement, à un protectionnisme doté d’un contrôle drastique de la Finance. Si les Etats ne s’imposent pas sur les marchés, ces derniers les engloutiront, en même temps que la démocratie et tous les acquis de la civilisation européenne. La démocratie est née à Athènes quand Solon a annulé les dettes des pauvres envers les riches. Il ne faut pas autoriser aujourd’hui les banques à détruire la démocratie européenne, à extorquer les sommes gigantesques qu’elles ont elle-même générées sous forme de dettes. Comment peut-on proposer un ancien collaborateur de la Goldman Sachs pour diriger la Banque centrale européenne ? De quelle sorte de gouvernements, de quelle sorte de politiciens disposons-nous en Europe ?

Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire a été le berceau de Platon et Aristote, Périclès et Protagoras, des concepts de démocratie, de liberté et d’Europe. Nous ne vous demandons pas un traitement de faveur parce que nous avons subi, en tant que pays, l’une des pires catastrophes européennes aux années 1940 et nous avons lutté de façon exemplaire pour que le fascisme ne s’installe pas sur le continent.

Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour. Vous ne prospérerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes. Nous avons tardé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. Bâtissons ensemble une Europe nouvelle ; une Europe démocratique, prospère, pacifique, digne de son histoire, de ses luttes et de son esprit. Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l’Europe en la transformant en tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme. »
 
Le Comite Consultatif du Mouvement de Citoyens Indépendants. « L’ Etincel »
 
Athènes, 26 Mai 2011

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Published by Lucien Aymard - dans aymard
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•-~•*'Ś Ő Ń Ŷ Á'*•~-• 17/06/2011 19:43


merci pour ces belles créas je vous souhaite un très bon weekend en famille, bisous


Lucien Aymard 18/06/2011 21:26



Gros bisous Sonya, c'est un plaisir de t'envoyer des créas, c'est la seule chose que nous puissions faire pour te dire notre amitié.



les cafards 17/06/2011 17:41



indignés nous le sommes aussi et depuis belle lurette !



Lucien Aymard 17/06/2011 19:00



C'est sûr, mais en France, on reste chez soi bien devant TF1 à sa faire bourrer le crâne de conneries pour éviter que le citoyen pense ...



barovin 16/06/2011 18:45



Même com que chez Pamphile


L'Europe des peuples devra se lever contre l'Europe du fric du traité de Lisbonne où austérité pour les uns riment avec richesses indécentes pour les
autres



Lucien Aymard 16/06/2011 21:59



Oui, b


Barovin, les peuples devront un jour ou l'autre se révolter, mais il faudra le faire tous ensemble pour que le ménage dans les milieux politico financiers soit parfait.


Amicalement


Béa et Lucien



•-~•*'Ś Ő Ń Ŷ Á'*•~-• 16/06/2011 18:26



comment faire pour aligner ces banques qui ne font que pourrir l'existence des cityens


c'est vrai que ce texte est une belle réflexion


je ne crois que les choses s'améliorerons un jour


passe une belle fin de journée


bisous créoles


 


•-~·*'Ś Ő Ń Ŷ Á'*·~-•



Lucien Aymard 16/06/2011 21:58



Bonsoir Sonya,


Je crois qu'il faut que les peuples européens imitent les grecs et se révoltent tous ensemble pour faire tomber les dirigeants et bloquer les banques. Hélas, je crois que les citoyens européens
ne sont pas assez "enfoncés" pour réagir mais malheureusement, il sera trop tard quand ils se réveilleront.


Gros bisous de Catalogne


Béa et Lucien


PS: Ton commentaire porte le numéro 3000 et je suis heureux que ce soit toi qui fasse tourner le compteur.



ZAZA 16/06/2011 17:33



Merci Lucien, je me suis permise de faire figurer cette déclaration à la droite de mon blog dans les mouvements d'humeurs. C'est franchement lamentable ce qui se passe là bas, et en effet, si la
donne ne change pas, c'est toute l'europe qui coure à la faillite. Bises bretonnes douves et ensoleillées



Lucien Aymard 16/06/2011 21:54



Bonsoir Zaza,


Chacun des ouvriers des pays européens devrait méditer et s'indigner comme dans quelques pays hélas trop frileux.


Bises "orageuses" de Catalogne


Béa et Lucien



Jean-François Vionnet 16/06/2011 16:42



Je viens de lire cet article de Theodorakis sur le blog de Fred de Roux, et je suis entièrement d'accord avec cet homme conscient de l'importance qu'ont pris les banques et les financiers dans la
gestion des pays.


Amitiés de l'Ardèche, et bises à Béa.


 



Lucien Aymard 16/06/2011 21:52



Bonsoir Jean François,


C'est bien que ça circule un max sur la toile, peut-être certaines personnes apercevront quelques phrases et réfléchiront ...


Amitiés


Lucien


Et bises de Béa