Un français parle aux élus

Je salue et je remercie toutes les personnes qui viendront ici et donneront leur avis, quel qu'il soit. Je m'appelle Lucien Aymard, je suis un français moyen et je précise que je ne suis membre d'aucune organisation politique ou syndicale. Je ne m'exprime donc qu'en mon nom et, en toute humilité, au nom de celles et ceux qui se reconnaîtront dans mes propos.
Les élus de tout bord sont si loin des réalités quotidiennes qu'ils se rendent inaccessibles (en dehors des périodes électorales). Je ne remets pas en cause leur légitimité mais leur manière d'appliquer la démocratie. Ce sont des adeptes des promesses non tenues, des décisions unilatérales et du dédain du citoyen.
J'ai essayé d'analyser nos institutions, la manière de les gérer et les motivations de ceux qui les appliquent, et j'en suis arrivé à leur faire des propositions. Comme ces gens-là, enfermés dans leurs tours d'ivoire, sont inapprochables, je me suis résolu à écrire un essai dans l'espoir qu'ils en auront l'écho. Plus nous serons nombreux à en parler et plus important sera l'écho.
Si, comme moi, vous en avez assez de la politique spectacle, du hasard qui fait se trouver un ministre au bon endroit au bon moment, des déclarations d'intention lénifiantes, des fausses affirmations, des trucages de chiffres et des justifications de fautes; exprimez-moi vos sentiments.
Si l'humilité commence au seuil des trois affirmations; savoir, savoir être et savoir faire, les élus doivent confondre avec : science infuse, savoir paraître et faire savoir … voyez à quel niveau se hisse leur humilité …
- Si j'étais patron d'une entreprise de transports routiers, je demanderais à notre Président bien aimé comment je vais pouvoir payer mes chauffeurs double journée le dimanche alors qu'ils n'ont pas le droit de rouler.
- Si j'étais patron d'une entreprise de construction, je demanderais à notre Président bien aimé comment je vais pouvoir couler des fondations avec la partie de personnel qui acceptera de travailler le dimanche et surtout avec quel béton si l'usine qui me le fournit ne travaille pas ce jour-là.
-Si j'étais cheminot débutant, en clair si je faisais partie des nantis, ceux qui prennent les autres en otages pour défendre leurs acquis sociaux exorbitants, je demanderais à notre Président bien aimé qu'au nom de l'égalité, on paye double mes dimanches soit environ deux fois 5,5 euros au lieu de 5,5 euros plus 4,22 de prime (imposable).
- Si j'étais personnel hospitalier, je demanderais à notre président bien aimé de ne plus prendre mes RTT mais de me les faire payer, avec rappel des 150 que j'ai en retard, de manière à faire enfler mon maigre porte monnaie même si je dois pour cela faire couler l'hôpital qui m'emploie.
- Si j'étais propriétaire d'un logement à louer, je demanderais à notre Président bien aimé de faire baisser les loyers de 50% pour que je puisse enfin réduire mon niveau de vie pour permettre à mes locataires d'augmenter le leur, et de supprimer les loyers d'avance pour que je puisse, en cas de non paiement, faire travailler les avocats dans les tribunaux (qui restent).
- Si j'étais chef d'entreprise, je demanderais à notre Président bien aimé de m'autoriser à ne tenir aucun compte du nombre d'heures supplémentaires de mon personnel pour pouvoir payer mieux la moitié de ce personnel, et mettre l'autre moitié au chômage.
- Si j'étais patron dans la grande distribution, je demanderais à notre Président bien aimé de me permettre de diminuer les prix à la consommation sur les écrans plasma, les ordinateurs et leurs périphériques, les téléphones portables, les GPS … pour pouvoir augmenter le pain, les légumes, les poissons et la viande tout en prouvant que le coût de la vie baisse.
- Si j'étais pêcheur, je demanderais à notre Président bien aimé de mettre une taxe de 10% sur le poisson à la vente pour permettre enfin de payer le gazole que je n'utiliserais plus car les consommateurs n'achèteraient plus mon poisson.
- Si j'étais agent de l'ANPE et des ASSEDIC, je demanderais à notre Président bien aimé de fusionner très vite nos deux entités pour mieux les privatiser et qu'enfin on ne s'entende plus traités de nantis.
- Si j'étais simple ouvrier, je demanderais à notre Président bien aimé d'arrêter de me prendre pour un abruti en me faisant briller des miroirs en verre dépoli.
-Mais, je suis MOI, rien de tout ça, simple retraité obligé de travailler pour arrondir mes fins de mois et faire face aux augmentations de tout poil pendant que VOUS, mon Président bien aimé, vous vous augmentez de 206%, vous ne faites rien pour harmoniser le régime de retraite des députés, vous aidez copieusement les plus aisés, vous refusez de taxer les compagnies pétrolières sous un prétexte plus que discutable puisque leurs raffineries sont sur notre sol et que vous avez tout moyen coercitif approprié, le tout en vrac, et j'en passe.
Alors, qu'attendez-vous pour vous pencher sur le pouvoir d'achat des retraités auxquels vous aviez promis ce que vous ne tenez pas, et qui, à mon sens, est nettement plus urgent que le "paquet fiscal", l'harmonisation de régimes de retraite ou la refonte de la carte judiciaire.
Mon Président bien aimé, arrêtez de me prendre pour un con !!!