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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 22:54

Tchin-tchin ! Ce n'est pas pour Aflelou que je trinque, mais pour vous dire :

-"A votre santé !"

De la santé, il en est question en ce moment, et quelles questions.  Ne parlons pas des 17 derniers nés de la liste noire des médicaments dé remboursés comme Tanakan, Magné B6 ou Biafine (moi qui suis au pays du soleil, j'apprécie tout particulièrement). Ceci n'est qu'une peccadille comparé au séisme que vient de nous asséner la sixième chambre de la cour des comptes (oui, je sais, c'est comme à l'hôtel, il y a des chambres numérotées, mais n'en espérez pas la clé, ce sont des chambres sourde comme pour les mesures acoustiques). Nous sommes en présence du mystère de la chambre … jaune… Les "pseudos sages" viennent de découvrir d'"incroyables" écarts de productivité dans nos hôpitaux. C'est à vous en laisser tomber à plat ventre sur le cul. On croit cauchemarder, une telle institution vérolée au point de parler de productivité dans un secteur public, le ciel leur est tombé sur la tête à ces braves caméristes. Imaginez que dans une autre chambre, on trouve que la police n'est pas assez productive, ça vous ferait rigoler non ? (Bon, c'est un mauvais exemple, la police française est de plus en plus productive en matière de résolution de crimes et délits. C'est bien connu des statisticiens bidon de la place Beauvau).

Maintenant, on ne rigole pas. Les "sages", ou plutôt Rolande Ruellan (ancienne directrice de la SECU), la présidente de la sixième chambre nous explique qu'il s'agit moins de moyens que de leur utilisation au bon endroit au bon moment. Ceci sous entend que nos hôpitaux ont les moyens mais ne savent pas les utiliser. Pour faire ce bilan, la chambre à accoucher de conneries a réalisé une étude sur une quarantaine d'hôpitaux publics sur le pays qui en compte 1035. Autant dire qu'en choisissant un échantillonnage bien particulier, on peut démontrer absolument ce que l'on veut. En l'occurrence, que veut démontrer la cour des comptes, sinon que l'hôpital public coûte cher à la nation et qu'il faut l'éliminer ?

Partant de ce constat aussi incomplet qu'orienté, on nous explique que l'organisation des hôpitaux publics est d'une diversité que l'on ne soupçonne pas. La comptabilité analytique n'existerait pas toujours. En pneumologie par exemple, le nombre de médecins par lit varie de 1 à 10 d'un hôpital à l'autre et le taux d'occupation des lits passe de 1 à 3 (du solo à la partouse). Des écarts incroyables sont relevés sur le nombre de médecins sur une même intervention chirurgicale. A croire que pour une appendicite il existe des établissements où un seul toubib vous ausculte, vous passe une échographie, réalise votre ECG, vous endort (a coups de gourdin ça va plus vite), vous opère, vous réveille (au verre d'eau et à la gifle) et vous administre les antidouleur. Par contre, dans certains hôpitaux privilégiés, ils sont au moins trois pour chacune de ces étapes. Je crois que ces messieurs et dames de la chambre d'hôpital se foutent de nous.

Le meilleur reste à venir. Ce sont les recommandations sous forme de préconisations que la dame en noir (normal, après le mystère de la chambre jaune, le parfum de la dame en noir … et, roule ta bille …) :

-"Il ne nous revient pas de dire quel est le bon niveau (encore heureux) mais il manque sans doute du personnel à certains endroits (sans blague !). Il existe un problème (re-sans blague)." Et ça continue. "Il existe dans tous les établissements (de l'échantillonnage) des marges d'amélioration (en matière de productivité ?) et la baisse du déficit est plus un problème de réduction de coûts que de hausse de l'activité et des recettes (on l'aurait juré devant Dieu avant même le début de l'analyse, c'est dire …)"

Enfin, et il fallait déjà y penser, eh bien, ils l'ont fait. Ils ont calculé l'équivalent temps plein et déterminé qu'un chirurgien dans cet échantillon ne réalisait "en moyenne" qu'une opération par jour (243 par an). Conclusion : il y a surcapacités manifestes.

Bien, vous remarquerez, en passant que nulle part il n'est question des infirmières et aides soignantes qui sont souvent à 1 pour 15 à 20 lits, mais vous aurez certainement compris le sous-entendu qui veut que l'on réalise des économies de gestion (traduisez, suppression de personnel). Vous noterez que nulle part on ne mentionne l'utilisation des installations et des personnels publics par des médecins et professeurs qui, s'ils pratiquent 243 opérations par an, le font pour le compte de l'hôpital, mais en réalisent en réalité 750 de plus … pour leur propre compte.

Alors, si, comme moi, vous avez eu recours à l'hôpital public, songez que l'Etat sarkozyste veut le supprimer et que pour cela, tous les moyens sont bons et les aides des institutions "d'appoint" ne font qu'accélérer le processus de démolition déjà engagé.

On finira par vous promettre que dans le privé, vous serez réveillé après votre appendicectomie par une belle infirmière ou un chippendale en string. Surtout, n'y croyez pas, les soignants n'ont pas de temps à perdre.

On a bradé notre service public dans sa quasi-totalité, ne laissons pas partir le bastion le plus utile à nos concitoyens : la santé publique.

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Published by Lucien Aymard - dans aymard
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Pascale 20/09/2009 21:03

Entendu vendredi sur Europe 1 : la liste noire des hôpitaux ne sortira plus en raison du trop grand nombre de procès. La pression semble énorme dans nos établissements de soins français.

Lucien Aymard 20/09/2009 21:33


Bonsoir Pascale,
Bien sûr que la pression est énorme, je dirais même qu'il y a DES pressions financière, d'abord, puis sociale et parfois personnelle sur les personnels soignants (pas les toubibs) ou celui
d'entretien.
Amicalement
Béa et Lucien


Barovin 19/09/2009 11:28

Le service public de la santé est en danger. Le secteur privé et les assurances lorgnent depuis longtemps sur ce pactole. Il faut certainement le réformer en profondeur, pas dans le sens d'une ouverture au marché ;  mais  dans celui de l'accès pour tous aux soins en responsabilisant tous les acteurs (y compris les patients). ce devra ête un ds chantiers majeurs de la gauche, dès son retour au pouvoir.

Lucien Aymard 20/09/2009 21:06


Bonsoir barovin,
Tout à fait d'accord, il faut bien sûr réformer notre service public de santé et surtout éviter qu'il devienne le pourvoyeur de fortune d'une poignée de personnes.
Amicalement
Béa et Lucien


Fleche 18/09/2009 08:19

Pas sûr que ce sursaut arrive, car le chômage est bien présent et personne n'est incité à faire grève et à manifester lorsque le chômage est là.

Lucien Aymard 19/09/2009 00:00


Bonsoir Flèche,
Tu as raison, les salariés sont tenus par le crédit et la crainte du chômage, c'est comme ça que le gouvernement les tient. Par l'argent.
Amicalement
Béa et Lucien


Sonya972 18/09/2009 01:19

une très belle nuit à vous deux. Pour moi c'est galère ma voiture est en panne. oh la la bisous

Lucien Aymard 18/09/2009 23:58


Bonsoir Sonya,
On est tous hélàs tributaires de ce tas de ferraille chargé de nous véhiculer et les transports en commun ne sont jamais calés sur nos heures de travail.
Bises de catalogne ... et courage !
Béa et Lucien


la fleur.... 17/09/2009 18:17

beh oui, quand on veut tuer son chien , on dit qu'il a la rage ...et c'est hélas ainsi pour tous les services publics ..Espérons un sursaut général,  dans cette entreprise de démolition, menée par le casseur en chef , avant que çà ne soit irreversible .

Lucien Aymard 17/09/2009 22:30



Bonsoir la fleur,
Le sursaut général n'est pas pour demain, mais attention, plus les gens emmagasinent, plus virulente sera la révolte.


Amicalement


Béa et Lucien



Pat59 17/09/2009 17:43

Bonjour Béa et Lucien,J'ai juste une question, bien que je connaisse la réponse.Que va-t-il rester du social et du service publique d'ici 2012 ?Comme le dit Ledif Trocas, une petite visite dans un hôpital où le personnel non sarkozyste est prié de prendre congé, les urgences vidées et sous haute surveillance policière avec notre argent.Quid du patient qui a besoin de soin en urgence ? Direction le cimetière le plus proche pendant que le coq monte sur ses ergots pour paraître plus grand que le pot de chambre.Amitiés et bises à BéaPatPS: J'ai eu le plaisir d'avoir en ligne hier soir notre ami commun Pipolin, en parlant d'hôpital on a eu une pensée émue (plié en deux oui) pour vous lorsqu'il vous a fait appeler le Val de Grace...

Lucien Aymard 17/09/2009 22:09


Bonsoir Patrick,
Le vide, c'est tout ce qu'il réalise autour de lui parce q'ui a peur de la contradiction.
bises de béa
amitiés Lucien


ledif trocas 17/09/2009 15:13

pardon!la visite de sarko c'est à Paul Brousseet ça va couter 200000 € au  con tri buvable!!!sortons de nos gonds!!!

Lucien Aymard 17/09/2009 22:03


Bonsoir,
J'avais lu un article sur cet hosto et la visite du nano président;
amitiés
Béa et Lucien


ledif trocas 17/09/2009 13:59

je rebondis une fois encore sur ton excellent article parce que je viens d'entendre une information qui m'a mis en rogne:à l'occasion de la visite de sarkubu vendredi à Henri Mondor, la vie de cet hopital a été bouleversée: depuis deux jours accompagnanateurs ou visiteurs ne peuvent plus approcher et sont rigoureusement contrôlés, tous les rendez-vous prévus pour vendredi sont reportés à une date ultérieure, etc...je suppose qu'on n'entendra pas un seul toubib protester contre les perturbations que provoque la visite à Mondor du nanaofourreur.Nous vivons une époque forminable! quasi caligulienne!!!

Lucien Aymard 17/09/2009 22:00


Bonsoir,
Lorsque le nain se déplace, où que ce soit et quel qu'en soit le motif, il fait faire le vide pour être certain de ne pas avoir affaire à des opposants.
amitiés
Béa et Lucien


Sylvie Boussand 17/09/2009 12:49

Bonjour à tous,inutile de se voiler la face, tout est fait pour saboter l'hôpital public. Toutes vos remarques (articles et commentaires) sont justes et réelles. Quant à la marchandisation de la santé, et ce qui en découle, c'est à dire une privatisation larvée qui n'ose pas encore dire son nom, l'OMC a là-dessus une opinion très tranchée (dans le vif ?) avec la directive AGCS cautionnée par l'union européenne : libéralisation totale de tout ce qui ne fait pas partie des fonctions régaliennes des états (police, justice, armée).Ne reste qu'à préparer "les malades" (c'est à dire les citoyens) en leur démontrant que l'hôpital public et notre système de santé n'est pas efficace, coûte cher, et agrandit le trou de la sécu. Ce qui n'empêche pas avec l'argent des contribuables de construire des plateaux techniques pour le plus grand profit de la médecine privée, qui se taille la part du lion sur les créneaux d'occupation de ces plateaux. Ce qui n'empêche pas certains de ces utilisateurs de demander des dépassements d'honoraires parfois explicitement réclamés en liquide.Dans le même temps, le toubib qui croit encore à un service public de santé de qualité, pour tous, doit se débrouiller avec les heures de garde empilées au mépris de toute raison, avec les manques patents de lits, de personnel soignant et de moyens. Avec bien sûr un salaire et une reconnaissance plus que médiocre. Certains restent quand même. Par altruisme. D'autres pour cause de compétences insuffisantes (si, ça existe, il y a des incompétents dans tous les métiers). D'autres enfin soit par carriérisme, soit en désespoir de cause passent au privé, où là, comme par miracle, on a de quoi les payer, mieux. Pourtant, toujours avec l'argent de la sacro-sainte sécu qui finance aussi le privé.Quand on veut tuer son chien… vous connaissez la suite. Dans la foulée, nous aurons aussi la mise sur le "marché" de l'assurance maladie, cette grande malade déficitaire… qui redeviendra bénéficiaire comme par miracle, là aussi. Alors, les petits, malades, isolés, et en plus PAUVRES, foutez-nous la paix et crevez en silence SVP ! Nous, on fait du fric !PS : j'ai toujours été dégoûtée par les salaires faramineux de certains (sportifs, vedettes, banquiers, politiques…) quand celui qui un jour tient notre vie entre ses mains est si mal loti.

Lucien Aymard 17/09/2009 21:37


Bonsoir Sylvie,
J'ai eu connaissance des résolutions de l'AGCS et on a tout à craindre pour nos services publics. Quant à la santé, elle est partie pour un passage total au privé.
Amitiés
Béa et Lucien


traumatisme 17/09/2009 10:11

Il n'est jamais trop tard..Courage..Il faut refonder le système de santé en abandonnant cette logique de médecine à deux vitesses et imposer l'accès au soins pour tous  Responsabiliser les patients devenus plus consommateurs que citoyens, mieux payer les médecins , chirugiens et personnels hospitaliers. Mais çà  ne pourra se faire que dans une politique plus globale modifiant nos modes de productions et de consommations. Des choix fiscaux devront être faits et la solidarité devra jouer à plein.

Lucien Aymard 17/09/2009 21:35


Bonsoir traumatisme,
C'est certain que des choix budgétaires et fiscaux doivent être faits en urgence si on veut que notre pays redevienne une république digne de ce nom.
Amicalement
Béa et Lucien


Jean-François Vionnet 17/09/2009 08:37

Après avoir perdu un demi pied (gangrène) grâce aux soins intensifs d'un grand hôpital public (Edouard Herriot à Lyon), et ayant, pour l'autre pied, le même genre de soucis, j'ai pris la décision de suivre le chirurgien qui était passé dans le privé. Tu retrouveras dans un article ancien, le problème de ce chirurgien vraiment très doué, qui a fini par aller dans le privé, alors qu'il croyait dur comme fer au service public, mais qu'il ne pouvait pas avoir de salle d'opération dans des délais raisonnables.Quand à la Générale de Santé, qui alimente un fond de pension (retraites anglo-saxonnes), elle est florissante, et coûte énormément à la Sécu !!! Autre ancien articleC'est te dire si je te soutiens dans ton combat.Salut à Béa, et Fraternité

Lucien Aymard 17/09/2009 21:32


Bonsoir Jean François,
Le découragement ne peut qu'atteindre les plus convaincus de la santé publique quand on sait que des interventions chirurgicales sont reportées à cause du manque de personnel ... et ce personnel,
c'est l'infirmière ou l'aide soignante car ce sont eux qui sont supprimés quand il faut faire des économies.
Amicalement
Béa et Lucien


sixtine 17/09/2009 07:48

Bien vu et bien dit, Lucien !Mais, si tu veux mon avis, les carottes sont cuites ou en passe de l'être...!Triste réalité que celle des soignants ( je ne parle pas des médecins qui nous côtoient mais ne nous voient pas... ) dont les patients ont tant besoin...Amicalement.

Lucien Aymard 17/09/2009 21:29


Bonsoir Sixtine,
Je connais bien le problème des soignants par l'intermédiaire de mon fils qui a fait une série de CDD pendant 6 ans et puis lorsqu'il a fallu réaliser des économies, on a trouvé un motif pour le
virer de l'hôpital. Ca se passe en France et c'est à Béziers.
Amicalement
Béa et Lucien


jacques 17/09/2009 07:37

on est dans la merde totale !! en plus je suis consomateur de magne b6 amitiés

Lucien Aymard 17/09/2009 21:26


Bonsoir Jacques,
Et béa est sous tanakan, mais ce n'est pas ça qui m'a fait réagir. Comme tu le dis, on est dans la merde ... d'ou le coq ...
Amitiés
Béa et Lucien


ledif trocas 17/09/2009 06:55

voilà un article bien documenté et argumenté.Tout cela démontre la volonté de sarkubu et de sa cli(ni)que non pas de détruire le Service Public, mais d'en retirer tout ce qui peut être rentable au profit de la MéDECINE MARCHANDE!Le drame est que beaucoup de toubibs mangent aux deux rateliers et qu'il est difficile de trouver parmi eux suffisamment de gens intègres suceptibles de réagir.Enfin j'espère que ton article, Cher Lucien, sera tout de m^me lu dans quelques salles de gardeφιλικάλεδιφ

Lucien Aymard 17/09/2009 21:21


Bonsoir,
On peut désespérer car il ne faut pas compter sur les parlementaires pour prendre des mesures à l'encontre des toubibs car la majorité des élus est faite de praticiens et ils ne se feront pas hara
kiri.
Amicalement
Béa et Lucien


Renard 16/09/2009 23:53

Bonsoir Béa et LucienJe crois que c'est trop tard déjà...Ils se sont arrangés pour que les médecins ou chirurgiens aillent dans le privé, et pour ceux qui travaillent dans un hôpital, ils ont très peu de malades du secteur public mais par contre usent et abusent des personnels et plateaux techniques des hôpitaux pour leur clientèle privée... De plus, il y a un conditionnement insidieux qui est fait pour que les gens demandent à être reçus en privé, croyant qu'ils seront mieux soignés alors, que ce sera le même chirurgien qui les aurait opérés en public, et qu'au bout du compte, ils auront les mêmes services que les autres, la seule différence sera dans la facture (très salée) mais qui n'enrichira que le chirurgienAmitiés à vous deux 

Lucien Aymard 17/09/2009 21:18


Bonsoir Renard,
C'est sûr que la plupart des médecins des grands hôpitaux considèrent les malades comme des marchandises et font leurs courses aux dépends de l'hôpital public.
Amitiés
Béa et Lucien