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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 17:02

Trancher les conflits du travail ou acheter un poulet, c'est pour moi la même chose.

Je sais, je suis parfois tordu, mais là, je vous jure que c'est la vérité. Le patron de la rôtisserie ambulante où j'achète mon poulet hebdomadaire s'appelle Prud'homme, et il est de bon conseil.

J'ai l'air de plaisanter, mais c'est on ne peut plus sérieux. Le petit Nico avait chargé le représentant de l'extrême gauche de la droite, le GM de l'UMP (non, non, pas le Général Motors de l'Union des Motoristes Perdants), le Gauche Moderne (ou droite ancienne ce qui revient au même) et je ne vous traduit pas l'UMP. Donc, le président de GM, Jean  Marie Bockel, s'est vu confier la mission (en francozyste : ordonné) de réformer la procédure applicable devant les conseils de prud'hommes. Vaste plan qui prévoyait de supprimer l'oralité des débats et la conciliation préalable obligatoire, au motif que les délais de procédure sont trop longs…

Il est certain que si personne ne parle et ne se rencontre, les jugements seront vite rendus et probablement uniformes. On n'aura plus qu'à envoyer une lettre type aux plaignants dont la teneur sera, par exemple : vous avez raison tous les deux, allez en justice pour vous départager. La phase suivante étant, bien entendu, la suppression des tribunaux de prud'hommes (Rachida ! Au secours ! Ils veulent en faire plus que toi !). La semaine dernière, le joyeux Bockel expliquait qu'il réfléchissait à la manière de simplifier les procédures.

Devant tant de concertation avec les partenaires juridiques et sociaux, les syndicats ouvriers et patronaux, les magistrats et les avocats sont tombés des nues parait-il. Ils n'étaient pas au courant ? Pourtant, ils devraient savoir, comme tout le monde, que le Roi se lève tous les matins avec cent idées nouvelles et s'il devait en faire part chaque fois aux intéressés, il faudrait une brigade de communicants à plein temps pour faire suivre. Donc, il fait son caprice, et tout le monde est censé le savoir. C'est comme la loi, nul n'est censé l'ignorer. Donc, le traître socialiste (parmi d'autres) qui se dit de gauche, a commencé à plancher sur un dégommage d'une partie supplémentaire des acquis sociaux, ce doit être sa conception de gauche "moderne", ce mot signifiant pour lui abandon.

Et puis voilà ! La chancellerie, voyant que le projet chancelait, a fait savoir "qu'aucune réforme de la procédure applicable devant le conseil des prud'hommes n'était en préparation". En clair, soit le gouvernement reculait, soit Bockel avait pris un râteau, soit un ballon d'essai avait été lancé pour voir comment se comporteraient les partenaires pendant l'été sur le sujet.

A dire vrai, ce gouvernement antisocial n'a de cesse de s'en prendre à tout ce qui touche le monde du travail et particulièrement aux divers points qui, de près ou de loin gênent les patrons et notamment ceux affiliés au MEDEF dont le lobby est d'une puissance démesurée. Ces gens là ont la rancune tenace, ils ne digèrent toujours pas les grèves qui ont conduit le front populaire, si nocif à leurs yeux, au pouvoir et les ouvertures vers de plus en plus de social que ce mouvement a engendré dès 1936. Dans ce que je nomme "ces gens là", on trouve pèle mêle des barons de la finance, des pontes de l'industrie, des anciens exploitants de mines reconvertis et des nobles qui quelquefois sont les mêmes. Ce sont ces tenants du "changement" à la Sarkozy qui dictent leurs volontés que le mini président s'empresse de satisfaire avec zèle. Les attaques incessantes contre l'institution prud'homale depuis 2008 démontrent ce besoin de vengeance (baisse des indemnités des conseillers, suppression de 62 conseils, création de la séparation amiable ...).

Jusqu'à la prochaine attaque en règle contre les salariés, nous voilà donc tranquilles.

J'ai dit tranquilles ? C'est une erreur impardonnable de ma part, avec le brasseur d'air aux idées folles qui nous gouverne, il faut s'attendre à tout. Je ne comprends pas et ne comprendrai jamais comment il peut encore y avoir des salariés assez  naïfs pour soutenir notre petit roi et croire encore à ses sornettes.

Françaises, français, on tente de vous étouffer, réveillez-vous, débattez-vous, sortez respirer avant que l'on vous conduise à la mort sociale.
                                              

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Published by Lucien Aymard - dans aymard
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ledif trocas 12/08/2009 06:44

encore un très bon article que je m'empresse de diffuserla torpeur des "sarkolandouilles" est sidéranteet l'apathie des socialites est accablante; comme si ils avaient peur de revenir au pouvoir dans un pays tellement déglingué qu'ils ne sauraient comment le redresser...pauvre sarkoland (ex France) pauvre Europela décadence est-elle inexorable?

Lucien Aymard 12/08/2009 11:40


Bonjour,
Le PS n'est plus que le miroir déformant qui tente de renvoyer une image tordue des défenseurs des salariés. Jaurès doit faire la toupie dans sa tombe quand il entend les discussions du PS
Merci de reprendre mon article.
Cordialement
Lucien


trublion 11/08/2009 11:51

on peut alors douter de sondages qui lui assurent une bonne côte.Tout le monde n'a pas la même vision;Mais je le reconnais c'est de bonne guerre pour la gauche de dénoncer le négatif d'une politique , comme il est de bonne guerre d'ajouter pour moi , que je doute que Ségolène qui avait elle même avoué ne pas croire à ce qu'elle disait , eùt mieux fait

Lucien Aymard 11/08/2009 19:40


Ségolène n'aurait certainement pas fait mieux, peut-être aurait-elle même fait pire, mais bien que ne la portant pas énormément dans mon coeur, je pense qu'elle n'aurait pas trahi ses promesses
puisqu'elle n'en avit pas fait et pour cause, son programme était inexistant.


Barovin 11/08/2009 10:17

Il faut  changer de Constitution et revenir au vote proportionnel en interdisant le cumul des mandats et en limitant les mandats à deux sessions. Et puis retouver le chemin des luttes collectives pour préserver nos acquis et en conquérir d'autres.

Lucien Aymard 11/08/2009 10:42


Ce sont là les propositions que je fais dans mon livre, je ne peux donc qu'être entièrement d'accord avec vous. Pour les luttes collectives, ce sera plus dur car les gens ne dialoguent plus et
c'est de ce dialogue que naissaient les élans collectifs, mais rien n'est irréversible sauf la mort.


Barovin 11/08/2009 10:14

je vous conseille l'article de notre ami TRUBLION :" la minorité fait encore parlé d'elle"
C'est une très bonne critique du capitalisme international qu'il nous fait là. Tout en subtilité et amené avec une parabole sociale des plus efficace..Pour ceux qui ne savent pas lire entre les lignes ...je traduis .L'incendie fait référence à la crise du capitalisme financier international squatté par des traders sans foi ni loi..Quant au jeune en moto qui fuit la police, c'est une métaphore qui symbolise que notre économie va droit dans le mur, malgré les vélléités d'intervention de la police des marchés...un grand Bravohttp://olibrius.over-blog.com.over-blog.com

Lucien Aymard 11/08/2009 10:39


Bonjour Barovin,
Je suis allé lire la parabole et j'ai effectivement trouvé cet article fin et criant de réalisme, mais j'ai bien peur que bien des gens le prennent au premier degré et qu'il se fasse insulter, le
monde est si plat mentalement ...
Cordialement
Lucien


fleche 11/08/2009 07:34

Les prudhommes sont sur la sellette depuis l'arrivée au pouvoir de N. Sarkozy, car à l fin du printemps 2008, la loi sur la conciliation amiable pour rupture de contrat a été adoptée. Les décretsd'application qui mettent parfois longtemps à sortir sont parus au J.O. avant le 14 juillet.

Lucien Aymard 11/08/2009 10:37


Bonjour fleche,
C'est juste, c'est la date de la première attaque des amis du MEDEF par l'intermédiaire de Sarko envers les prud'hommes. Mais que fait la rue au lieu de se rebeller ? Elle regarde la télé
"irréalité"
Amicalement
Béa et Lucien.


Pat59 11/08/2009 06:48

Bonjour Lucien et Béa,Et hop, maintenant c'est au tour des Prud'homme de se voir attaquer, où je différe dans ton analyse, c'est dans la lettre type... toi tu dis qu'elle dirait "vous avez raison tous les deux, allez en justice..." Moi je dis qu'elle serait à sens unique pour le salarié plaignant... ce serait :" en vertu de quoi nous vous déboutons, en conséquence les débours de votre action devant cette cour est à votre charge..."Histoire de bien enfoncer le clou pour décourager toute envie de porter son litige au Preud'Homme car tant qu'à réformer jusqu'à maintenant il y avait un nombre égal de représentant du patronnat et des salariés... gagons que ce ne sera plus le cas.Amitiés et bises à BéaPat

Lucien Aymard 11/08/2009 10:34


Bonjour Patrick,
Tu as bien raison, je ne voulais pas être défaitiste dans mon article, mais c'est bien le salarié qui trinquera systématiquement ... comme d'habitude.
Bises matinales de Béa et amitiés de Lucien


Renard 10/08/2009 19:17

Et bien moi, je ne savais pas que les prud'hommes étaient sur la sellette.. j'en avais bien entendu parler il y a longtemps, mais je croyais que ce projet avait été abandonné..Comment ai-je pu penser qu'un acquis social allait échapper à sa fougue destructrice... Peut-être devrions nous l'aider et lui faire une liste des miettes qui restent et auxquelles il n'a pas encore pensé, ce serait charitable de notre part non? Mais je pense que le MEDEF est déjà en train de la faire cette liste...Amicalement à vous deux. 

Lucien Aymard 12/08/2009 11:41


Bonjour Renard,
Eh bien, les prud'hommes sont dans le colimateur du petit depuis son élection. Ca fait partie de la démolition du social qu'il s'est fixée.
Amicalement
Béa et Lucien


Jean-François Vionnet 10/08/2009 17:44

J'avais eu vent de cette information que tu expliques fort bien. Le nain nous a habitué à tout vouloir changer, pour simplifier la vie de ses amis du CAC 40, héritiers des nobles, maîtres de forges, et financiers, dont Zola et quelques autres ont fait leur fond de commerce, pour vendre leurs livres.Mais comme sous Carla, il a lu l'assomoir, les Rougon-Macquart, et toute une partie de l'oeuvre de Zola, il doit encore y être dessus, pendant ses vacances.Alors, il vaut mieux qu'il recule ou bien ce sera un jour, la révolution.

Lucien Aymard 10/08/2009 18:09


Bonsoir JF,
Vu son ceofficient intellectuel, le nain en a pour au moins 6 mois à lire l'assomoir et les Rougon-Maquart. Le problème, c'est que les abrutis qui l'entourent lui soufflent les conneries qu'il fait
avec plaisir. Ils sont bien capables de lui raconter Zola histoire de lui donner l'air intelligent en compagnie.
Amicalement
Béa et Lucien