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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 18:20

Voici donc Paris relégué au rang de commune normale. Jusqu'à présent, c'était le centre névralgique de la France, du Monde même à en croire les parisiens et la plupart des banlieusards.

Il n'est qu'à voir le comportement de l'intelligentsia pour qui tout passe par la capitale. La géographie de la France c'est Paris et sa proche banlieue (en évitant tout de même certains départements limitrophes comme le 9-3), tout le reste n'étant alors que la campagne au sens péjoratif du terme. Si l'on traduit, il y a Paris puis le reste que nos personnages politiques reconnaît bien volontiers lors des élections ou pour aller passer les vacances comme on va dans les autres pays. A croire que pour eux, la province, c'est l'étranger, d'ailleurs, dans leur bouche, le mot province est synonyme de plouc, cul terreux et autre bouseux.

Eh bien non, nous ne sommes pas de cette gent, certes, on n'est pas plus intelligents qu'eux, mais certainement beaucoup moins cons. Se serrer quotidiennement dans les transports en commun pendant des heures matin et soir pour aller se faire exploiter, ce n'est pas pour nous. Passer devant des salles de spectacles, des musées ou des monuments dans lesquels on ne peut pas mettre les pieds parce que le prix des entrées est trop élevé, très peu pour nous. Respirer de l'ozone à pleins poumons cent jours par an et à poumons partiels le reste de l'année, on vous le laisse. Nous, on a la mer, la campagne, la montagne avec les odeurs d'iode, de foin et de bouses de vaches qui sont moins acres, certes plus "parfumées", mais ne nous font pas crever de toux comme la dame aux camélias.

Nos villes et nos villages sont de vraies communes même si pour certaines, le découpage en arrondissements et la pollution les font ressembler à un petit Paris mais avec vue sur mer, montagne ou campagne au lieu de tours ou de barres HLM. Surtout, leurs habitants ne se prennent pas pour les guides suprêmes des autres, leurs donneurs de leçons.

Le malheur, c'est qu'on ne naît que très rarement parisien, on le devient seulement parfois par volonté, le plus souvent par nécessité, mais toujours par erreur.

Regardez-les tous ces gens de la capitale et de son entourage, il n'y a qu'eux et les petits oiseaux. Ils se comportent pour la plupart comme en pays conquis, sauf qu'à moins d'avoir un GPS, ils sont paumés à la moindre intersection dans la campagne. Quand il faut éviter les bouchons, baisons futé (pardon, bison) nous parle de difficultés dans le sens des départs ou des retours ce qui, hormis depuis Paris ne veut strictement rien dire. Quand je pars de Perpignan pour me rendre à Bordeaux, dans quel sens suis-je? Probablement des retours jusqu'à Montauban et des départs ensuite. C'est un exemple, mais il montre bien que l'on veut faire de Paris toute l'exception française.

Pourquoi vous dis-je tout cela ?

Parce que je viens de découvrir que le conseil constitutionnel avait modifié une partie du texte sur le travail le dimanche, justement la partie qui confirmait l'exception parisienne et qui prévoyait de donner en la matière les pouvoirs du maire au préfet de police. Qui nomme le préfet de police ? Les amis de Nico (autant dire Nico lui-même). Et qui dicte au préfet de police ce qu'il doit ou ne doit pas faire ? Les mêmes. Donc, avec cette magouille légale, Nico pouvait faire ouvrir les boutiques pour Michèle Obama (et les autres pauvres acheteurs des Champs-Élysées) selon sa volonté ou son caprice, devenant ainsi Nico merce (celui-là, je l'ai fait venir de loin).

Eh bien, non! Ont tranché les "sages" du Conseil. Le père Deux Braies et ses comparses viennent de déclarer Paris commune tout à fait commune, et c'est donc le maire (pas Bruno, lui, il est emmerdé justement par les cul terreux) Bertrand Deux La Noé qui va ramasser les emmerdes au plus grand plaisir de ses concurrents aux prochaines municipales (dont la copine de Pipolin : Carotte Râpée). Il va pouvoir (éventuellement devoir) proposer des extensions d'ouvertures par le classement en zones touristiques de certaines parties de la capitale. Tiens, je suis bon prince, je lui propose de déclarer le 10ème arrondissement dans le triangle délimité par la gare du Nord, celle de l'Est et l'hôpital St Lazare (triangle des strings) comme lieu hautement touristique, vu qu'il est rempli de guides dont la longueur des jupes n'a d'égale que l'étroitesse du slip.

Allez, assez disserté sur la grande étendue cul-turelle de nos capitalistes (c'est ainsi non que l'on nomme les habitants de la capitale ?) qui finalement retombent à la hauteur des autres par la volonté d'un groupe de vieux qui n'ont rien compris au problème du travail dominical, puisqu'ils l'ont déclaré constitutionnel, eux qui se reposent le Dimanche dès le retour de la messe.

                           
1960 - jean mineur publicité
par fifitou

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Published by Lucien Aymard - dans aymard
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Sonya 08/08/2009 19:42

j'ai pris plaisir à lire votre billet du jour. Bisous sucrés à tous les deux.

Lucien Aymard 09/08/2009 01:09


Bonsoir Sonya,
C'est toujours un plaisir de t'accueillir. Certes, nos billets sont parfois acerbes, mais il vaut mieux la colère d'un blog que dans la rue quand on peut le faire.
Bises de Catalogne
Béa et Lucien


METEXTOFF 08/08/2009 00:34

Le cinéma de notre enfance ,avec le pop corn caramélisé et les cornets d'amour qui étaient délicieux. C'était déja la moitié du plaisir d'aller voir un film au cinéma.Cette "Réclame" me rappelle vraiment de bons souvenirs... Pour les capitalistes ,si je me souviens bien l'histoire retiendra aussi qu'ils furent les premiers à capituler en 40 .Alors il n'ont pas de quoi pavoiser les p(h)arisiens.

Lucien Aymard 08/08/2009 11:15


Bonjour METEXTOFF,
J'ai connu moi aussi les entr'actes avec la pub et moi, c'était les caramels KREMA ... souvenirs, souvenirs ... Très juste, les "capitalistes" étaient tellement près de leur argent qu'ils ont
préféré capituler pour essayer de sauver le magot. Pavoiser, oui, mais avec le drapeau à fleurs de lys.
Emicalement
Lucien


Renard 07/08/2009 20:49

Bonjour à vousA l'époque où je vivais en Bourgogne, l'émission littéraire du regretté X devait avoir lieu en Bourgogne à l'occasion de la grande vente aux enchères des vins des hospices de Beaune (manifestation internationale) et la semaine précédente, j'ai eu la surprise d'entendre annoncer par lui "la semaine prochaine, notre émission aura lieu...ohhh... au bout du monde... à Beaune en Bourgogne"...J'avoue avoir eu du mal avec cette phrase..J'ai vécu à Paris, et depuis pas mal d'années que je suis revenue dans mon Toulouse, pour rien au monde, je ne retournerai dans cette capitale. Amitiés à vous 

Lucien Aymard 07/08/2009 21:43



Bonjour renard,
Tu as bien raison, la ville rose vaut 100 fois cette capitale de la course permanente, car du matin au soir, les gens y sont stressés et il n'y a que les touristes pour voir Paris. Les
autochtones, indépendamment du fait que l'argent manque, n'ont pas le temps de prendre le temps, ceci fait de la capitale une fourmillière qui rebute les gens comme nous du sud ou du sud ouest
habitués à regarder autour d'eux. Et toutes ces pseudos élites se croient obligés de dénigrer la province qui restera pour eux synonyme d'éloignement. Qu'ils restent dans leurs éternels bouchons
et gardent leurs musées, nous, nous avons la nature comme musée.


Amicalement


Béa et Lucien



Jean-François Vionnet 07/08/2009 20:19

Je ne suis pas parisienne, ça se soigne, chantait une personne dont j'ai oublié le nom (il va me revenir) quand j'aurai fini ma diatribe.Je vais bien aller quelques jours à Villepinte au mois de septembre pour un salon, sûrement le dernier avant la retraite d'Idelette, et après direction le sud et ses ombrages. Le centre de la France ne m'a jamais fait rêver, et je préfère comme Jacques les chèvres de l'Ardèche.Amitiés à tous deux.

Lucien Aymard 07/08/2009 21:37



Bonsoir Jean François,
Ca m'aurait unpeu chagriné que tu sois parisienne (la chanson est de Marie Paule Belle) mais mieux vaut ne pas se soigner de cette maladie. A Villepinte, vous allez certainement travailler mais
aussi vous détendre et puis, ce n'est pas Paris et tu as raison, rien ne vaut la campagne et son soleil même s'il est au prix du mistral ou de la tramontane.
Amitiés à vous


Béa et Lucien



aliciabx 07/08/2009 20:02

Ca, c'est une bonne nouvelle. De plus les touristes seraient tentés d'aller plus loin, vers Bordeaux ou Perpignan . Les capitalistes partageraient le capital. Les commerçants sont un peu plus aimables, je pense.Les touristes sont masos pour aller visiter un pays où les commerçants ne font pas l'effort de sourire.Il paraît qu'ils ont fait une campagne sourire, la France étant devenu le 2 ème pays le plus visité après les USA (effet Obama ?). Ca les a fait réfléchir...

Lucien Aymard 07/08/2009 21:33


Bonsoir alicia,
Les commerçants parisiens sont à l'image des usagers du métro le matin à 7 heures : froids, sourds et automatisés et si les touristes étrangers viennent par chez nous, d'une part ils réviseront
leurs jugements sur le pays mais aussi, ils pourront y voir de belles choses pas forcément entourées des marchands du temple.
Bises
Béa et Lucien


jacques 07/08/2009 19:31

merci pour cette dissertation parisienne !! je suis heureux d'habiter la campagne où l'air est très bon (ça sent la chêvre dans la drôme d'où le picodon)les produits sont toujours du terroir donc pas parisien!ceci dit passe une bonne soiréeamicalement

Lucien Aymard 07/08/2009 19:59


Bonsoir Jacques,
Les produits parisiens, je les ai expédiés pendant plusieurs années, ce sont des pêches superbes qui ont la consistance du bois et le goût des chiottes, ou les légumes tout droit venus d'Espagne
dans les plantations intensives ...
On est heureux d'être pris pour des ploucs, ça nous donne l'air moins ... parisien ... (tant pis, je lâche l'insulte)
Amicalement
Lucien