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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 18:50

                                                                 
Pourquoi "para" ? … Paranoïa des parents, parapluie ouvert par l'Education Nationale, parade de la police, paradoxe étatique, paralangage du ministre, paraphrénie de son éminent soutien, etc … tous ces paramètres dans les parages du parascolaire qui, parallèlement, nous parasitent et paralysent certains citoyens paralogiques.

Français, tu deviens parano ! ...

Auditionner un enfant de 8ans pour une bagarre à l'école, c'est ce qui peut se faire de mieux en matière de police et de justice.

Pour mieux analyser les faits à ma manière, je me suis mis dans la situation actuelle par rapport à tout ce que j'avais connu par le passé.

Dans des temps pas si éloignés, les bagarres à l'école se terminaient par un baffe à chaque belligérant de la part de l'instit et personne ne racontait l'épisode à la maison par crainte de refaire "le plein" de la part des parents pour avoir été sanctionné par l'instit. C'est ainsi que les choses se sont passées pour moi, mon fils et mon petit fils qui pourtant n'a que 20 ans. L'incident était clos et, à défaut, il suffisait de se voir entre parents pour que les affaires s'arrangent entre les enfants.

Maintenant, les choses sont différentes. Pour un oui ou pour un non on dépose une plainte (à l'américaine). D'une part, c'est plus facile que d'aller discuter avec un parent, d'autre part ça peut rapporter financièrement. De plus, il ne prendrait jamais l'envie à un instit de mettre un coup de pied aux fesses ou une baffe à un gamin de crainte de se retrouver devant un tribunal.

Aujourd'hui, l'enfant est devenu roi, sacré, intouchable, parangon de vertu, détenteur de la vérité, enfant-loi. Il est donc exclu de poser autre chose que des fleurs sur sa petite personne (et encore des fleurs odorantes). Pourtant, à y regarder de plus près, les enfants sont aujourd'hui comme hier des futurs hommes ou femmes, c'est-à-dire ni suppôt de Satan, ni angéliques, ce sont de êtres humains avec leurs qualités et leurs défauts.

Une maman qui dépose plainte parce que son enfant s'est battu dans la cour de récréation relève de la connerie d'autant que les deux gamins sont à nouveau amis. Mais il est bien connu que la connerie n'a pas de limite.

Qu'est-ce qui a donc changé dans cette société française ?

D'abord, la fin du dialogue entre adultes qui a pour cause essentielle l'individualisme créé et entretenu principalement par la boite à images. En effet, les parents, donnant ainsi exemple à leur progéniture, sont scotchés devant ce média qui, peu à peu, les conditionne et les éloigne les uns des autres y compris au sein de la cellule familiale. Ils découvrent dans ce média toutes les violences qui engendrent les peurs de l'autre exacerbées par le fait que l'on ne le connaît pas.

Ensuite, on trouve, au rayon des anachronismes, le report sur les enseignants d'une éducation que l'on ne sait ou ne veut plus assurer. Dans ce cas, la seule chose dont on se soucie, c'est que l'enseignant fasse tout pour éduquer sauf la punition que l'on a subie par le passé et qui reste la seule chose mémorisée dans notre inconscient, d'où la haine développée à l'encontre de l'instit que met une claque à son enfant.

Enfin, comme seule la voix de l'enfant compte et s'avère audible, on finit par devenir hargneux sur tout ce qui l'entoure et pourrait écorner son ego.

Seulement, voilà, si on remet les affaires dans le contexte d'aujourd'hui, on se rend compte que la dramatisation est bien de mise, particulièrement dans le média principal qu'est la télé.

Loin de moi l'idée de cautionner la violence scolaire quelle que soit la forme qu'elle prend, de justifier un acte illégal ou de condamner la police qui fait son travail lorsqu'il y a plainte, mais je me permets de vous livrer les statistiques que j'ai relevé dans les rapports officiels.

Détail du nombre d'enfants scolarisés hors maternelles et études supérieures (Source Education nationale 2007/2008) :

Elèves dans le 1er et second degrés : 12 016 484

Ecoliers :                                              6 645 116

Collégiens :                                          3 187 955

Lycéens :                                              1 470 032

Lycéens professionnels :                         713 381

A ces chiffres s'ajoutent  2 450 000 enfants scolarises dans les maternelles (source Sénat 2007/2008).

On a donc 14 466 484  enfants en classe (je laisse volontairement de coté les étudiants).

Au cours de la même année scolaire, les établissements publics du second degrés ont déclaré en moyenne 11,6 incidents graves pour 1000 élèves. 4 faits graves sur 10 sont des agressions verbales envers le personnel et 33% relève de violences entre élèves. (Sources SIVIS).

Il est à noter que les statistiques ne portent que sur le secondaire et sont totalement disparates. Si l'on calcule les pourcentages, on arrive à 0,43% de violence et 0,17% de faits graves. Il faut donc relativiser, même si ces chiffres sont toujours trop élevés.

Nous avons, de manière flagrante, une parfaite illustration de l'exploitation étatique de faits divers pour entretenir la peur et faire monter les sondages sur la sécurité. C'est ainsi que la paranoïa se développe et arrange bougrement la droite fascisante en période d'élections.

Le ministre se sert des "251 signalements en relation avec des armes" entre 09/2008 et 03/2009 (comprenant des couteaux, armes à feu, matraques. etc …) pour encenser la répression scolaire. Il oublie deux choses essentielles, sur 251 il y a 73 usages pas forcément dans les établissements et ce chiffre représente 35 signalements par mois sur 10 mois contre 45 l'année dernière.

A vous de juger.

Après Le Pen, nous avons Le Men (Ministre de l'Education Nationale). Dans les deux cas, l'idée de nationalisme transparaît.

Je parachève ainsi mon explication et tant pis si vous avez besoin de paracétamol.

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Published by Lucien Aymard - dans aymard
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sixtine 07/06/2009 17:13

Article incisif tout autant que le thème et tout à fait dans l'air du temps ! L'autorité des parents , souvent mise à mal par une permissivité exagérée, ne simplifie pas le dur travail des enseignants...L'enfant roi n'existe que par défaut d'éducation...Eduquons les parents, ce qui semble de nos jours relever d'une épreuve de force ...?

Lucien Aymard 07/06/2009 17:35


Les enseignants d'aujourd'hui ne peuvent plus se contenter d'être guidés par leur sacerdoce, ils doivent s'abandonner à une véritable vénération de l'enseignement car la patience, la
compétence et l'autorité ne suffisent plus, il leur faut ajouter la passivité envers les parents démissionnaires.


Fleche 05/06/2009 20:56

Les révoltes de 1968 ont été désastreuses sur le plan de l'éducation. Au moment il était interdit d'interdire. Ensuite, les gens se sont mis à interpréter de travers ce que disait des pédo-psychiatres notamment Françoise Dolto.Elle disait pratiquement le contraire de ce que les gens ont compris. Elle annonçait clairement qu'il faut savoir refuser à un enfant, qu'il faut lui expliquer pourquoi et qu'il ne faut pas tout lui donner sous peine de tuer le désir. En clair, il faut les frustrer un peu ces chers petits.Bon d'accord ça fait un peu réactionnaire, mais aujourd'hui, on voit des jeunes issus de familles aisées complètement destructurés parce que n'ayant pas eu les repères fixés au moment où il fallait le faire.Quand en plus le modèle américain vient mettre son bazard par là-dessus, ça donne ce à quoi on assiste actuellement, une démission quasiment à tous les niveaux.Ce n'est pas en supprimant du personnel à l'Education Nationale qu'on va rétablir les choses.Et puis, il faudrait rétablir le respect et c'est difficile ...(Désolée pour ce long commentaire)

Lucien Aymard 05/06/2009 21:19


Un long commentaire permet de mieux s'expliquer et c'est très bien. L'analyse est pertinente et judicieuse. Pas mal de soixante huitards ont oublié comment ils avaient été élevés et, sans être
passéiste, il me semble qu'il était possible de lacher un peu de lest aux enfants tout en conservant les bases solides de nos parents. J'ai "fait" 1968 et je suis fier de mes enfants et de mes
petits enfants qui restent dans la même lignée même si la bride est un peu plus lachée aujourd'hui. Je ne suis pas un parangon mais il me semble que bien d'autres pouvaient réussir ce que je pense
avoir accompli. Hélas, ce n'est manifestement pas le cas.


jacques 01/06/2009 20:32

je viens parapher cet article merci pour les chiffres qui parlent d'eux mêmeamicalement

Lucien Aymard 01/06/2009 21:03


De rien, c'est un plaisir de communiquer avec des personnes qui ont les mêmes aspirations.
Merci du passage chez moi
Cordialement


laurbez 01/06/2009 19:19

hé oui de mon temps aussi on ne rapporté rien de ce qui se passer à l'école à la maison mais le jour ou on aa crée les parents d'élèves ont a introduits le loup dans la bergerie . J'ai dans mon entourage un couple qui a pris rendez vous avec l'instituteur de leur enfant car il trouve que cet instit fait une fixation sur leur fils et qu'il punisse que lui moi qui connait bien l'enfant ce n'est pas des punissions qu'il mérite mes des baffes mais ca meme ses parents nose pas en donner de peur de le tromatiser  

Lucien Aymard 01/06/2009 19:28


Merci laurbez,
je crois savoir qui tu es et un bon coup de pied au cul du maitre ne t'a jamais donné l'dée de te plaindre chez toi ou ailleurs. Ca ne t'a pas empêché de grandir et de devenir un homme. Alors, les
parents démissionnaires ASSEZ !!! 


Alain 01/06/2009 18:04

Vos textes sont intéressants et...indépendants. Je vous propose donc  un échange de liens pour nos deux blogs.Amitiés blogueuses

Lucien Aymard 01/06/2009 19:15


Bonsoir,
Merci d'être passé sur mon blog. Il est bien évident que je suis d'accord pour un échange de liens car je ne donne de commentaires que sur les blogs qui m'intéressent et le votre est dans ce
cas.
Cordialement


Jean-François Vionnet 01/06/2009 17:26

Je viens te rendre visite suite à ta courtoisie de lire mes billevesées.Un peu long, tes textes, mais très instructifs, et bien documentés.Je me contente pour ma part de brèves de comptoir, de conneries entendues ça et là, mais j'admire ton courage, pour écrire tout ça.Revenons à nos moutons, j'ai été enfant bagarreur, et maintenant que je suis vieux, j'ai des souvenirs de baffes des enseignants adultes, et tout allait bien. Il ne fallait surtout en parler aux parents, sous peine de recevoir à nouveau.J'ai vécu l'époque des "Blousons noirs", et des chaines de vélo, des couteaux à cran d'arrêt, des rasoirs coupe chou et des serpettes, et je m'en suis plutôt pas mal sorti. Alors rétablissons l'autorité à l'école, et ne croyons pas à tout ce qui se dit dans les médias, on ne se portera que mieux.

Lucien Aymard 01/06/2009 19:10



Bonsoir,
Merci de ta visite. J'ai également vécu les blousons noirs, c'était tout aussi violent qu'aujourd'hui, mais il n'y avait pas les médias pour mettre de l'huile sur le feu et effrayer le bon
peuple. C'est sûr qu'il faut rétablir l'autorité à l'école et pour celà, mettre les parents à la porte des établissements dans lesquels ils n'ont rien à faire. La mise en place des conseils de
parents d'élèves a participé à dégrader les relations enseignants élèves. Toute une époque a foutu le camp.
Cordialement



sylvie boussand 01/06/2009 13:26

La manipulation des chiffres est un passe-temps très apprécié, surtout en période électorale…Un phénomène ultra-minoritaire devient énorme, pourvu qu'il serve "la cause". Les parents n'en sont pas moins exonérés de leur devoir d'éducation et de surveillance de leurs enfants.A ce sujet, quelle aide ont des parents qui se rendent compte qu'ils perdent pieds avec un ado difficile ? Que fait-on en terme de prévention ?L'avantage du choix du tout répressif, c'est que ça va vite, ça fait parler (en bien ou en mal, pourvu que ça fasse parler), et ça coûte moins cher. Pendant ce temps… on prépare entre amis les tripatouillages qui se voteront en août, à 2 heures du matin, dans un hémicycle déserté.Ex. : la loi de 2004 sur le financement par les communes des écoles privées. Un exemple parmi d'autres…

Lucien Aymard 01/06/2009 14:08


La manipulation des chiffres n'est pas grave en soi, ce qui l'est, c'est la diffusion qui est faite par les télés à la demande de nos dirigeants. Le français moyen (souvent très moyen
intellectuellement) prend ces chiffres pour argent comptant et suit bêtement ce que dicte l'état par le truchement du média.
Piteux !
Merci d'être passée sur mon blog.


Charles+Daney 01/06/2009 09:23

J'oubliais, le problème n'est pas nouveau. Un jour deux enfants se battaient dans la cour d'un lycée "chic". Un certain maire de Paris intervint pour défendre le fils d'un proche ami élu du même parti. J'écrivis au dit maire pour lui demander s'il avait le temps de s'occuper des cours de récréation. Il me fit répondre par son chef de cabinet que j'avais vu juste. J'en pris note mais n'en pensai pas moins.

Lucien Aymard 01/06/2009 14:00


Mon dieu ! Mais que se passe-t-il lorsque les enfants se battent dans la rue ? Police secours ? Intervention de l'armée ?
Le prgrès ne vaut que s'il est partagé par tous disait la pub de la SNCF. Et la connerie ?


Charles+Daney 01/06/2009 09:18

Un para, c'est aussi un parachute - les dorés sont inconnus de l'éducation nationale qui n'est, au fond, qu'une marâtre. Moi qui croyait que les problèmes ne venaient jamais que de l'extérieur!

Lucien Aymard 01/06/2009 13:57


Mais si, les problèmes ne viennent que de l'extérieur, si la maman avait gardé son fils pour le couver, il ne se serait pas battu.
Merci du passage sur mon blog.


fred+de+roux 31/05/2009 22:16

La société de consommation a tout perverti. Et comme on singe les modes américaines, on n'en est pas à une boulette près. Triste époque où le sens commun n'existe plus, où la permissivité via la pub devient un peu trop envahissante, où consommer de tout sans discernement est devenu la norme. phénomène de mode ? peut-être. Les latins disaient  "o tempora, o mores". Oui, c'est une autre époque, mais quelle triste époque où l'on gémit sans cesse, où l'on est irresponsable et où l'on condamne l'autre sans l'avoir écouté.

Lucien Aymard 31/05/2009 22:39


Oui, fred+de+roux, triste époque que celle où la peur de l'autre naît du fait qu'on ne lui parle plus, qu'on ne communique plus avec lui. Triste cette époque où parce qu'il est de couleur ou de
religion différente on ignore le voisin qui ne demanderait qu'à échanger. L'état a trouvé la parade : il n'a qu'a "s'intégrer". La cuisinière intègre les oeufs dans la préparation d'un flan, mais
on n'a jamais vu les oeufs s'intégrer seuls.
Merci du commentaire
Cordialement


Pat59 31/05/2009 20:23

Comme tu dis aymard, je souscris entièrement, si mon fils se serait castagné à l'école et s'en serait pris une, il savait qu'il n'était certes pas question de venir pleurer près de moi, car à tout les coups il aurait refait comme tu dis "le plein".En premier, je lui ai mis deux poings pour se défendre et en second s'il était assez con pour se faire prendre par l'instit, il n'avait qu'a assumer ses conneries et si le prof lui en aurait secoué une il aurait fait mon boulot à l'avance...Une époque quoi...Mais maintenant c'est flic, plainte...etc. ou alors les frères vont à l'école avec couteaux matraque etc...là cela devient une autre paire de manche. Tout cela à cause d'une mentalité qui a dérivé.De mon temps les "problèmes" se réglaient tranquillement, mon père était un délicat quand il vous en secouait une vous ne pleuriez pas pour qu'il vous resserve le plat.J'ai éduqué mon fils de cette manière, j'étais et SUIS toujours là pour lui, et je ne souhaite à personne de rêver toucher un de ses cheveux mais je ne l'ai pas couvé et je suis fier de dire que j'en ai fait un homme responsable qui a des valeurs tant morales que civiques

Lucien Aymard 31/05/2009 22:34


Je vois que nous sommes sur la même longueur d'ondes, les parents d'aujourd'hui n'ont peur-être pas pris assez de coups de pieds au cul dans leur enfance. Dommage !
Cordialement