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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 15:11

                              
Le 12 mai, la vénérable institution qu'est le Crédit Municipal, autrement dénommé "Ma Tante", a organisé la vente aux enchères de bouteilles de grands crus.
Pour la petite histoire, car les médias ne s'en sont pas fait l'écho, les 2350 bouteilles laissées en gage par de pauvres gens issus pour la plupart du XVI ème arrondissement de Paris ( source "Le Parisien" ), ont permis de récolter quelques 200 000 euros. Il s'est vendu des lots de 6 bouteilles de grands millésimes bordelais à 3950 et 3150 euros. Certaines bouteilles sont parties à 600 euros pièce. Ca vous fait rêver ?... certainement. Mais lorsque vous faites le calcul moyen "à la bouteille" (au verre ce serait trop ardu), le montant s'élève à 85,11euros.
Il n'est pas inutile de rappeler que ces bouteilles ont été laissées en gage pour des sommes représentant environ 10% de la valeur récupérée aux enchères.
Pourquoi tous ces calculs ? Me direz-vous.
Pour en venir à l'autre tente, celle des sans abris, pas "ma tante" mais "leurs tentes", celles qui ont été démontées manu militari le 15 mai. Si l'on considère que le prix moyen d'une bouteille équivaut à la location de 6 emplacements dans un terrain de camping, avec les 2350 bouteilles, on offre 80 emplacements pour six mois. C'est à peu près le temps nécessaire à la réhabilitation de logements pour au moins autant de familles, ça éviterait l'installation des tentes le long de la Seine et ça donnerait l'impression que l'Etat tient ses promesses. Au lieu de cela, on a, une fois de plus, laissé pourrir une situation connue depuis bien longtemps, et les associations ont dû se mobiliser pour attirer l'attention du peuple et démontrer, si c'était encore nécessaire, que la parole de l'Etat c'est de la merde. On explique à l'association des Don Quichotte que les tentes peuvent rester au bord de la Seine et en pleine nuit, c'est une autre scène, on envoie la police déloger ces "malfrats" avec interdiction de laisser filmer par les télés.
Restons pragmatiques, l'Etat pourrait récupérer la totalité du produit des enchères et verser seulement les sommes engagées par "Ma Tante", ce qui lui permettrait de payer la location des emplacements qui lui coûterait environ 1,30 euros pièce. Au lieu de ça, on préfère payer la chambre d'hôtel à 50 euros la nuit par famille et faire travailler les fores de l'ordre, quitte pour cela à créer le désordre, dans le but de montrer que l'on s'occupe de la tranquillité du citoyen.
Eh ! Les Don Quichotte ! Vous ne rêvez pas un peu ? Mettre des tentes avec des gens mal fringués en face des Tuileries et de la rue de Rivoli, vous poussez le bouchon un peu loin. Vos tentes et leurs habitants, vous pouvez les mettre et les laisser tant que vous le souhaitez aux abords des villes de banlieue telles La Courneuve, Stains, St Denis …etc. sauf que là, vous n'aurez pas la Seine. Par contre, il n'y aura plus de SDF dans la capitale et vous donnerez raison au grand YAKA qui a promis zéro sans abri pour fin 2008. Une autre solution existe: mettez les tentes dans les villes de province comme Montpellier et les SDF auront la paix, la proximité de la mer et le soleil avec l'aval de la municipalité (DE GAUCHE !).
En résumé, et en guise d'épilogue :
-          Les SDF ne votent pas donc, on s'en fout.
-          Les riverains bourgeois du quartier des Tuileries et de la rue de Rivoli votent … à droite … il faut donc leur faire plaisir et ôter de leur soleil ces "nuisances" sales et putrides qu'ils ne sauraient tolérer
-          Les français ont besoin de se rassurer car on fait tout pour qu'ils assimilent les SDF avec la délinquance dont ils ont peur
-          Comme pour tout ce qui remet en cause les agissements de l'Etat, on intervient en catimini en mettant les médias sous le boisseau
-          L'Etat enfin fait preuve de sa totale incurie en matière de tenue des promesses qui coûtent. Il est en effet plus facile de faire voter la loi HADOPI que de faire appliquer le droit opposable au logement.
Voilà la comparaison que je souhaitais faire entre les diverses orthographes du mot tente et le prix qui y est attaché. Celui de l'argent ou celui de l'abri. Et pourtant, entre les deux, il pourrait y avoir l'entente.

 

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Published by Lucien Aymard - dans aymard
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Jean+georges 19/05/2009 00:48

Votre passage sur mon blog m'a redonné un peu de courage , merci d'être passé, ce qui me permet de découvrir le vôtre que j'ai trouvé super interessant je repasserais pour lire un peu votre livre.  Cordialement JG.

Lucien Aymard 31/05/2009 22:26


Continuer, perséverer, c'est à force de travail que l'on arrive à ses fins, surtout quand on est convaincu de ce qu'on fait. Merci