Un français parle aux élus

Je salue et je remercie toutes les personnes qui viendront ici et donneront leur avis, quel qu'il soit. Je m'appelle Lucien Aymard, je suis un français moyen et je précise que je ne suis membre d'aucune organisation politique ou syndicale. Je ne m'exprime donc qu'en mon nom et, en toute humilité, au nom de celles et ceux qui se reconnaîtront dans mes propos.
Les élus de tout bord sont si loin des réalités quotidiennes qu'ils se rendent inaccessibles (en dehors des périodes électorales). Je ne remets pas en cause leur légitimité mais leur manière d'appliquer la démocratie. Ce sont des adeptes des promesses non tenues, des décisions unilatérales et du dédain du citoyen.
J'ai essayé d'analyser nos institutions, la manière de les gérer et les motivations de ceux qui les appliquent, et j'en suis arrivé à leur faire des propositions. Comme ces gens-là, enfermés dans leurs tours d'ivoire, sont inapprochables, je me suis résolu à écrire un essai dans l'espoir qu'ils en auront l'écho. Plus nous serons nombreux à en parler et plus important sera l'écho.
Si, comme moi, vous en avez assez de la politique spectacle, du hasard qui fait se trouver un ministre au bon endroit au bon moment, des déclarations d'intention lénifiantes, des fausses affirmations, des trucages de chiffres et des justifications de fautes; exprimez-moi vos sentiments.
Si l'humilité commence au seuil des trois affirmations; savoir, savoir être et savoir faire, les élus doivent confondre avec : science infuse, savoir paraître et faire savoir … voyez à quel niveau se hisse leur humilité …
Ca y est, le colonel Mouammar Kadhafi est chez nous pour cinq jours, avec sa
limousine blanche, se tente de bédouin, ses femmes garde du corps, sa suite de 400 personnes, son âme aussi noire qu'un conduit de cheminée, et une grosse série de "casseroles" qui pendent à ses basques.
Mais enfin, que vient faire, dans le pays des droits de l'homme, le nouvel ami intime de notre hyper président?
- "Il n'a pas franchi nos frontières comme un "vulgaire" clandestin, non, il a été officiellement convié à fouler notre sol, manger avec de l'argenterie Christofle dans la porcelaine de Sèvres, boire dans les verres en cristal de Baccarat le champagne de Dom Pérignon et s'essuyer avec de la dentelle du Puy. Pendant ce temps, des prisonniers politiques, opposants au régime, croupissent dans les prisons de Tripoli, des terroristes s'entraînent sous la bienveillante attention de l'armée libyenne et les plus élémentaires droits de l'homme sont bafoués dans le pays qui a si gentiment accueilli des infirmières bulgares."
- Ce soir, le nouveau Saint Eloi de l'Elysée, le penseur des hautes stratégies présidentielles, la conscience servile du tout puissant "Yakafaukon", le Saint Claude "gai an neuf" nous a expliqué qu'il fallait encourager ceux qui veulent changer de chemin pour prendre celui de la rédemption. La CGT devrait peut-être suivre ce conseil pour éviter de bloquer les pauvres gens qui veulent travailler … (rires !!!!)
Nous y voilà, comment peut-on acheter sa rédemption à l'heure où les églises sont vides ? Car il s'agit bien d'un achat. C'est dit et répété sur tous les médias, Mohamad vient signer des chèques pour la France, mais pour quelle France ? D'aucuns vous diront que cela va donner du travail aux ouvriers, ceux-là même qui omettront de vous dire que les Forgeard présents et à venir pourront se remplir les poches de ces pétrodollars qui fleurent bon le sang des victimes d'attentats.
Le constat est terrible. Attentats commandités, terroristes soutenus (encore aujourd'hui) sinon aidés, arrestations d'opposants, entre autres "gentillesses" imputables à notre "invité". C'est cela que notre Président bien aimé reçoit à sa table, cette chose à laquelle il va expliquer paraît-il les droits de l'homme. Je me marre, comme l'eusse dit Coluche, c'est seulement le brillant de l'argent, la fièvre de l'or qui régit la pensée de nos actuels dirigeants, président en tête, et rien d'autre. Si vous voulez des preuves, voyez qui est l'objet de toutes les attentions : la Chine en développement, la Russie et son gaz, les USA et leur mainmise sur le commerce mondial, le Venezuela et son pétrole, l'Algérie et son gaz, … etc … et maintenant la Libye et son pétrole.
Il y tenait l'hyper, à la venue de son père noël libyen à tel point que 80 personnes qui manifestaient contre la visite officielle de Kadhafi ont été arrêtées, mais rassurez-vous, ce n'est pas sur les chaînes de télé de 1 à 6 que vous l'apprendrez, ça défilait seulement en bandeau sur I-télé dans la soirée. Faut quand même pas vexer le Président, on risquerait de perdre sa place.
Les infirmières bulgares, libérées soit disant par l'ex-première dame de France, dans des conditions totalement transparentes (c'est pour cela qu'elle ne veut pas entendre parler de témoignage devant une commission parlementaire), n'auraient-elles pas servi d'alibi ? Quand j'entends le saint Claude élyséen expliquer que sans la décision de Son Altesse Sarko, les infirmières seraient encore en Libye, je crois rêver. Notre St Nicolas à nous aura-t-il le courage d'aller chercher Ingrid Betancourt dans la jungle colombienne au milieu des cultivateurs de marijuana, lui qui n'a rien à donner à Alvaro Uribe, valet de pied et fournisseur quasi exclusif de pétrole des USA ? J'aimerais le croire et surtout le voir. En tout cas, cela montrerait qu'il se déplace aussi parfois pour les causes humanitaires, même si elles ne nécessitent pas des échanges commerciaux.
N'importe quel fantoche de république bananière qui aurait donné à Kadhafi la possibilité de posséder le nucléaire et de l'armement sophistiqué aurait obtenu les libérations, mais personne n'est assez fou sur cette terre pour oser pareille chose, enfin, presque personne …
- Si j'étais patron d'une entreprise de transports routiers, je demanderais à notre Président bien aimé comment je vais pouvoir payer mes chauffeurs double journée le dimanche alors qu'ils n'ont pas le droit de rouler.
- Si j'étais patron d'une entreprise de construction, je demanderais à notre Président bien aimé comment je vais pouvoir couler des fondations avec la partie de personnel qui acceptera de travailler le dimanche et surtout avec quel béton si l'usine qui me le fournit ne travaille pas ce jour-là.
-Si j'étais cheminot débutant, en clair si je faisais partie des nantis, ceux qui prennent les autres en otages pour défendre leurs acquis sociaux exorbitants, je demanderais à notre Président bien aimé qu'au nom de l'égalité, on paye double mes dimanches soit environ deux fois 5,5 euros au lieu de 5,5 euros plus 4,22 de prime (imposable).
- Si j'étais personnel hospitalier, je demanderais à notre président bien aimé de ne plus prendre mes RTT mais de me les faire payer, avec rappel des 150 que j'ai en retard, de manière à faire enfler mon maigre porte monnaie même si je dois pour cela faire couler l'hôpital qui m'emploie.
- Si j'étais propriétaire d'un logement à louer, je demanderais à notre Président bien aimé de faire baisser les loyers de 50% pour que je puisse enfin réduire mon niveau de vie pour permettre à mes locataires d'augmenter le leur, et de supprimer les loyers d'avance pour que je puisse, en cas de non paiement, faire travailler les avocats dans les tribunaux (qui restent).
- Si j'étais chef d'entreprise, je demanderais à notre Président bien aimé de m'autoriser à ne tenir aucun compte du nombre d'heures supplémentaires de mon personnel pour pouvoir payer mieux la moitié de ce personnel, et mettre l'autre moitié au chômage.
- Si j'étais patron dans la grande distribution, je demanderais à notre Président bien aimé de me permettre de diminuer les prix à la consommation sur les écrans plasma, les ordinateurs et leurs périphériques, les téléphones portables, les GPS … pour pouvoir augmenter le pain, les légumes, les poissons et la viande tout en prouvant que le coût de la vie baisse.
- Si j'étais pêcheur, je demanderais à notre Président bien aimé de mettre une taxe de 10% sur le poisson à la vente pour permettre enfin de payer le gazole que je n'utiliserais plus car les consommateurs n'achèteraient plus mon poisson.
- Si j'étais agent de l'ANPE et des ASSEDIC, je demanderais à notre Président bien aimé de fusionner très vite nos deux entités pour mieux les privatiser et qu'enfin on ne s'entende plus traités de nantis.
- Si j'étais simple ouvrier, je demanderais à notre Président bien aimé d'arrêter de me prendre pour un abruti en me faisant briller des miroirs en verre dépoli.
-Mais, je suis MOI, rien de tout ça, simple retraité obligé de travailler pour arrondir mes fins de mois et faire face aux augmentations de tout poil pendant que VOUS, mon Président bien aimé, vous vous augmentez de 206%, vous ne faites rien pour harmoniser le régime de retraite des députés, vous aidez copieusement les plus aisés, vous refusez de taxer les compagnies pétrolières sous un prétexte plus que discutable puisque leurs raffineries sont sur notre sol et que vous avez tout moyen coercitif approprié, le tout en vrac, et j'en passe.
Alors, qu'attendez-vous pour vous pencher sur le pouvoir d'achat des retraités auxquels vous aviez promis ce que vous ne tenez pas, et qui, à mon sens, est nettement plus urgent que le "paquet fiscal", l'harmonisation de régimes de retraite ou la refonte de la carte judiciaire.
Mon Président bien aimé, arrêtez de me prendre pour un con !!!
Il y a de cela bientôt 30 mois (c'était le 29 mai 2005), le peuple français, appelé aux urnes pour se déterminer sur son avenir européen, disait NON à 53,30% à une constitution dans laquelle il ne se reconnaissait pas.
L'analyse, depuis, a été si triturée que le pouvoir tente de nous expliquer qu'il s'agissait alors d'un rejet de la politique intérieure qui se traduisait par ce "non", exactement comme si les français n'avaient rien compris, s'ils étaient des demeurés incapables de faire ce qu'on leur demandait. On nous dit également leur manque de discernement dû au fait qu'à gauche comme à droite les avis étaient partagés, comme si, de leur propre chef, ils n'étaient pas capables de se déterminer, comme s'il s'agissait de moutons.
Eh bien, messieurs les gouvernants, même si cela doit vous crever le cœur, sachez que les français ont de la suite dans les idées, ils ne veulent pas que vous les cocufiiez, si vous voulez revenir sur leur décision, ils souhaitent que ce soit par référendum (à 63%) et non par le vote d'un conglomérat de bénis oui oui à la botte du seul et unique décideur d'état. D'autre part, pourquoi sous le vocable "mini traité" cachez-vous au bon peuple qu'en fait, à part le chapitre 3, vous voulez appliquer dans sa totalité le texte qu'ils ont refusé ? Vous avez des choses à vous reprocher pour cacher la vérité, sans quoi vous diffuseriez largement le nouveau texte. D'ailleurs, en voici la preuve :
"Une dernière trouvaille consiste à vouloir conserver une partie des innovations du traité et à les camoufler….. Ainsi l'opinion publique serait-elle conduite à adopter sans le savoir les dispositions que l'on n'ose lui présenter en direct." Valéry Giscard d'Estaing le Monde du 14/06/07.
Vous avez ici la démonstration parfaite de la manière dont le Président téléguide l'information dans les médias. Croyez-vous que si les français savaient "tous" ce que les élus leur cachent, ils seraient enclins, comme le disent les sondages, à voter "oui" à 54% à une nouvelle consultation sur le sujet ?
L'Europe, OUI, mais pas derrière le dos des européens, en débattant avec eux et en demandant leur avis A TOUS, et le même jour pour éviter les influences.
L'Europe que vous voulez nous IMPOSER, celle des décision ultralibérales, celle des commissaires désignés et non élus, celle qui prend des initiatives sans connaître le terrain, celle des technocrates et des financiers ne nous intéresse pas, nous voulons déterminer celle qui nous convient … et par référendum.
Ce n'est pas parce que vous allez rallier des élus d'une opposition fantomatique que vous vous comporterez autrement que comme un ersatz de dictature.
Imposer au peuple ce qu'il n'a pas voulu n'est rien d'autre qu'antidémocratique et ce qui est antidémocratique est despotique dans le meilleur des cas, dictatorial dans le pire. A vous de choisir.
"Faites ce que je vous dis mais pas ce que je fais."
Tel est, repris par le parlement, le modèle de démocratie que nos élus de "haut niveau", moutons obéissants, veulent appliquer aux régimes spéciaux de retraites. Alors que le déficit social s'élève à plus de 6 milliards d'euros, on prend le risque de créer la zizanie dans la nation pour économiser, sur le dos de certaines catégories (et certaines seulement), 800 000 euros dans une perspective d'environs 5 ans. Le pire, c'est que l'opération est commandée par le "Grand Yaka" au nom de l'égalité. Quelle égalité ???
Voyez plutôt le film ci-dessous.
Prêchons la bonne parole, mais tenons-nous en à cette action. Autre formule Jésuite.
Travailler plus pour gagner plus …
Les "smicards" ont de l'avenir dans notre beau pays !!!
Ils sont les plus nombreux des 27 pays d'Europe avec 17,5% de la population active.
En même temps, les 50 premiers grands patrons français gagnent chacun en moyenne la valeur de 319 années de smic par an.
C'est vrai qu'un PDG travaille entre 12 et 14 heures par jour alors que le smicard rentre chez lui après 8 heures d'un labeur que les syndicats "inconscients", harceleurs du patronat, s'efforcent de rendre de plus en plus cool.
On aura tout vu !!! Que valent 8 heures , meuleuse en main dans l'usine "Le Creuset" de cocottes en fonte à côté des 13 heures de stress d'un PDG qui se demande si ses actions ne vont pas perdre quelques centimes par la faute d'un euro qui "explose" face au dollar ?
Vous voulez la réponse ? … Elle tient dans une formule mathématique.
Si l'on considère que chacun travaille 225 jours, à raison de 8 heures pour l'ouvrier et 13 heures pour le PDG, on arrive, sur une année, aux chiffres suivants: 1800 heures pour le premier et 2925 heures pour le second.
Compte tenu du gain annuel de chacun, le salaire horaire est donc de 8 euros contre 1570. L'ouvrier devra donc travailler plus, bien plus, beaucoup plus, énormément plus … 196 heures par jour … CQFD.
Et QUID de la retraite de chacun ???
Je reviens au "travailler plus pour gagner plus" … notre "hyperprésident" qui travaillait 14 heures par jour (TTC) va être fort ennuyé, avec une augmentation salariale de 140%, il va devoir travailler presque 34 heures … il ne lui reste plus qu'à faire adopter une loi sur la division du temps en journées de 40 heures (il faut dormir).
Françaises, Français, l'heure est aux économies, la dette du pays est colossale, moi, prési dents de tous (presque) les français, je donne l'exemple.

Il y a peu, 14 experts psychiatres ont déterminé que Romain Dupuis, le meurtrier "présumé" d'une infirmière et d'une aide soignante de l'hôpital psychiatrique de Pau, était schizophrène, donc irresponsable. Il souffrait d'abolition du discernement au moment des faits. Sa folie entraînait donc un non lieu psychiatrique et l'internement immédiat.
La semaine dernière, un médecin soignant de l'hôpital psychiatrique de Cadillac donne son accord pour que ce même personnage comparaisse en appel au mois de novembre.
Que s'est-il passé entre ces deux décisions ?
Sarkosaitout a rencontré les familles des victimes … et il a émis un vœu … relayé par la "sœur" de sa femme (une affaire de famille), Rachida. Il ne fallait tout de même pas que l'on ait l'air d'avoir court-circuité la justice. On a donc insisté pour que les familles fassent appel puis on a juste dit qu'il serait judicieux que "de tels actes soient jugés sans tenir compte de l'état mental des présumés coupables qui devraient être déférés devant un tribunal" … et la magie a opéré. Un bon docteur miracle a, à lui seul, décidé que Romain était bon pour passer devant des juges. Les experts sont ainsi désavoués, mais la justice s'en sort avec les "cuisses propres". Peu importe si l'on retourne au moyen âge et à l'inquisition, époques où l'on jugeait les fous, il faut donner raison au Chef qui, en l'occurrence, se sent porté par une opinion publique chloroformée par des médias acquis à la cause. Que l'on comprenne bien, je ne prends pas position pour ou contre l'assassin présumé. Je ne peux pas me mettre à la place des familles de victimes et je compatis à l'affreux cauchemar auquel elles doivent faire face. Je fais seulement un constat supplémentaire (s'il en était besoin), celui d'un chef d'état qui se mêle de tout, tranche, brise, décide, ordonne, commande, exige, en résumé, se comporte comme un dictateur. En plus, il n'hésite pas à prendre des boucs émissaires dans le malheur pour étaler sa démagogie sur la place publique, comme le ferait la presse people ou TF1 et ses émissions anti-intellect. Attention, monsieur le Président, les français commencent à sortir de leur torpeur et vous pourriez bientôt constater qu'ils ont le réveil difficile et que ça les rend hargneux.